Le bon usage de l'arbitraire
L'ostracisme à Athènes permettait de lutter contre les puissants qui menaçaient la démocratie. La procédure a été reprise à la Renaissance et lors de la Révolution française – preuve que le régime ordinaire de la loi n'est peut-être pas une protection suffisante.
Résumé
L'ostracisme athénien
L’ostracisme était une procédure exceptionnelle de la démocratie athénienne (créée vers 508-507 av.
J.-C.
sous Clisthène) permettant d’exiler un citoyen pour dix ans, sans jugement ni confiscation de ses biens.
Cette mesure, activée seulement 12 à 14 fois en près de 70 ans, visait à écarter les individus jugés trop influents ou menaçants pour l’équilibre politique.
Contrairement à une idée reçue, elle ne concernait pas les minorités, mais uniquement les élites ayant exercé des charges publiques.
L’ostracisme se déroulait en deux étapes : un vote à main levée pour décider de son application, suivi d’un vote secret à l’aide de ostraka (tessons de poterie) pour désigner le banni.
Les biens et le statut du citoyen ostracisé étaient préservés, et il pouvait revenir avant la fin de l’exil.
Cette procédure illustre une tentative de contrôler l’arbitraire du pouvoir en démocratie.
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