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À quoi rêve-t-on quand on a fui la Corée du Nord ?

Courrier International· 11 juillet 2026

AU PAYS DE KIM JONG-UN (6/6) – Lena a traversé le fleuve Tumen, qui sépare la Corée du Nord de la Chine, en 2019. Aujourd’hui réfugiée en Corée du Sud, elle raconte sa fuite et les émotions (peur, chagrin, espoir perdu…) qui la poursuivent encore jusqu’au plus profond de ses rêves. Et de ses cauche…

Résumé

1

Cauchemars post-défection

Lena, une transfuge nord-coréenne ayant fui son pays il y a six ans, décrit un cauchemar récurrent où un policier la poursuit, symbolisant sa peur d’être arrêtée et torturée.

Ce rêve reflète l’angoisse persistante liée à son statut de défectrice.

Dans son récit, elle explique que, malgré sa fuite, elle reste hantée par la culpabilité d’être retournée en Corée du Nord après sa première défection.

Ce cauchemar illustre le traumatisme durable des transfuges, dont les séquelles psychologiques peuvent durer des années après leur fuite.

Le terme défection désigne ici l’acte de quitter définitivement la Corée du Nord pour s’installer ailleurs, souvent en risquant sa vie et celle de sa famille.

Lena précise que son rêve se répète malgré le temps écoulé, soulignant l’impact profond de son expérience sur son bien-être mental.

2

Statut social fragile

Lena est née dans une région frontalière entre la Corée du Nord et la Chine, où sa famille a été marquée par la défection de sa mère pendant son enfance.

Ce statut social entaché, appelé songbun en Corée du Nord, est un système de classification héréditaire qui détermine les droits et les opportunités des individus en fonction de leur loyauté supposée au régime.

Les familles de défecteurs, comme celle de Lena, sont souvent stigmatisées et surveillées de près.

Pour se protéger, sa famille a veillé à ce qu’elle paraisse particulièrement loyale au régime, notamment en l’impliquant activement dans les activités politiques du parti et en l’encourageant à exceller à l’école.

Ces efforts visaient à compenser son statut social fragilisé et à réduire les risques de discrimination ou de répression.

3

Stratégie de survie

Dès son plus jeune âge, Lena a compris que sa famille était différente des autres en raison du songbun de sa mère.

Pour éviter d’être victime de discriminations ou de persécutions, elle a adopté une stratégie de survie en se présentant comme une partisane exemplaire du régime nord-coréen.

Elle s’est impliquée dans la vie politique locale, a travaillé dur à l’école et a obtenu de nombreuses distinctions, ce qui lui a valu une reconnaissance officielle.

Cette stratégie avait pour but de détourner l’attention de son statut familial et de prouver sa loyauté au régime.

Malgré ces efforts, Lena savait que sa famille restait sous surveillance et que toute erreur pourrait entraîner des conséquences graves, comme l’arrestation de ses proches.

4

Traumatisme persistant

Six ans après sa fuite, Lena continue de faire des cauchemars où elle craint d’être arrêtée et torturée, ou de voir sa famille subir le même sort.

Ces rêves illustrent le traumatisme psychologique profond que subissent de nombreux transfuges nord-coréens, même après avoir quitté le pays.

Le terme transfuge désigne une personne qui abandonne son pays d’origine pour s’installer ailleurs, souvent en raison de persécutions ou de conditions de vie insupportables.

Lena précise que ces cauchemars sont une manifestation de l’angoisse constante liée à son passé et à la peur de ne jamais être en sécurité.

Son expérience montre que la fuite ne met pas toujours fin aux souffrances, car les séquelles psychologiques peuvent persister longtemps après l’exil.

5

Contexte des défections

Lena est originaire d’une région frontalière entre la Corée du Nord et la Chine, une zone où les échanges et les fuites sont plus fréquents en raison de la proximité géographique.

La défection de sa mère pendant son enfance a eu un impact durable sur sa vie, notamment en altérant son songbun.

Ce système de classification sociale, hérité de l’époque stalinienne, classe les citoyens nord-coréens en trois catégories principales : les « loyaux », les « indécis » et les « hostiles ».

Les familles de défecteurs sont souvent classées dans la catégorie « hostile », ce qui limite leurs droits et expose leurs membres à des discriminations systématiques.

Lena illustre ainsi les conséquences à long terme des défections sur les proches des transfuges.

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