Soudan : 4,2 millions de déplacés et réfugiés sont rentrés chez eux
Alors que la guerre au Soudan connaît une évolution plus dramatique avec l’intensification de l’usage des drones, près de 4,2 millions de personnes sont rentrées volontairement au Soudan, beaucoup espérant reconstruire leur vie après des mois de conflit, a indiqué vendredi une agence des Nations Unies..
En mai 2026, le Soudan enregistre le retour de 4,2 millions de personnes déplacées ou réfugiées chez elles, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Parmi ces rapatriés, 83 % étaient des déplacés internes, c’est-à-dire des personnes ayant fui leur foyer mais restant dans le pays, tandis que 17 % revenaient de l’étranger. Environ la moitié des retours concernent des jeunes de moins de 18 ans. Le nombre de rapatriés a augmenté de 6 % par rapport au mois précédent, alors que le nombre total de personnes déplacées a diminué de 23 % depuis le pic enregistré précédemment. La capitale, Khartoum, concentre la majorité des retours avec 1,9 million de personnes, suivie par la région d’Al Jazirah avec 1,1 million. L’OIM estime que plus de 2 millions de personnes supplémentaires pourraient rentrer à Khartoum d’ici la fin de l’année, sous réserve de l’amélioration des conditions sécuritaires et humanitaires.
Les principaux motifs des retours au Soudan sont liés à l’amélioration de la sécurité dans les zones d’origine ou de destination. Selon l’OIM, 87 % des ménages citent cette raison pour justifier leur retour. D’autres facteurs incluent le manque de ressources dans les zones d’accueil (8 %), le regroupement familial (4 %), la disponibilité de services dans le lieu d’origine (1 %), ou les difficultés d’accès à l’aide humanitaire (moins de 1 %). Cependant, dans le Darfour-Nord, 100 % des ménages de rapatriés expliquent leur retour par l’épuisement des ressources dans les zones où ils s’étaient déplacés. Les retours se répartissent presque équitablement entre zones urbaines (52 %) et rurales (48 %). Les principaux pays d’où revenaient les réfugiés sont l’Égypte (45 %), le Soudan du Sud (31 %), la Libye (11 %) et les pays du Golfe (8 %).
Depuis avril 2023, la guerre au Soudan a provoqué le déplacement de 14 millions de personnes, dont 9 millions de déplacés internes et 4,5 millions de réfugiés ayant franchi les frontières. Cette crise, qualifiée par l’ONU de l’une des pires au monde, a causé des dizaines de milliers de morts et déplacé plus de 11 millions de personnes. Depuis janvier 2026, au moins 880 civils ont été tués dans des attaques de drones, selon l’ONU. Les combats se sont intensifiés ces derniers mois, notamment dans les régions du Kordofan et du Nil Bleu. Par exemple, des frappes de drones à Dilling, dans le Kordofan du Sud, ont fait au moins deux morts et plusieurs blessés, endommagé un établissement de santé et détruit du matériel médical. Deux agents de santé ont également été tués lors de bombardements dans cette zone.
Parallèlement à la crise sécuritaire, le Soudan fait face à plusieurs épidémies majeures. Dans l’État du Kordofan occidental, une épidémie présumée de *diarrhée aqueuse aiguë*, souvent associée au *choléra*, a été signalée. Plus de 100 cas suspects et des dizaines de décès ont été enregistrés en une semaine. L’*Organisation mondiale de la santé* (OMS) et ses partenaires ont envoyé des fournitures médicales pour soutenir les interventions. Dans les régions du Darfour, des épidémies présumées de *variole simienne* (ou *mpox*) ont été détectées, avec plus de 300 cas suspects et cinq décès signalés en une semaine. Une campagne de vaccination contre le choléra et la rougeole est en cours. Enfin, des épidémies de *dengue* touchent les États du Nord et du Nil, avec une multiplication par trois des cas suspects en un mois, atteignant plus de 500.

