Tempête diplomatique entre le Ghana et l’Afrique du Sud sur fond de tensions xénophobes
Le Ghana a assuré, mardi 7 juillet, avoir repoussé une visite d’État du président sud-africain, Cyril Ramaphosa, en raison des tensions xénophobes qui agitent l’Afrique du Sud. Une version démentie par Pretoria, qui se bat pour défendre son image sur la scène africaine.
Résumé
Ghana annule visite
Le 7 juillet 2026, un porte-parole du gouvernement ghanéen a annoncé à la BBC l'annulation d'une visite officielle du président sud-africain Cyril Ramaphosa au Ghana.
Cette décision serait motivée par les tensions xénophobes en Afrique du Sud, où des violences visent les migrants africains.
Le terme xénophobie désigne une hostilité envers les étrangers ou les personnes perçues comme différentes.
Selon le porte-parole, le climat actuel autour de ce sujet justifierait ce report.
Cependant, cette affirmation a été contestée par la présidence sud-africaine, qui a démenti toute annulation de visite, évoquant simplement un report de forum bilatéral entre les deux pays.
Les échanges diplomatiques entre les deux nations restent donc tendus, avec des versions contradictoires sur les raisons du report.
Démenti sud-africain
Quelques heures après l'annonce ghanéenne, le Mail & Guardian, un hebdomadaire sud-africain, a publié un article titré Un « camouflet qui n’a jamais eu lieu », contestant la version ghanéenne.
D'après la présidence sud-africaine, représentée par le porte-parole Vincent Magwenya, aucune demande de visite d'État n'avait été formulée par l'Afrique du Sud.
Magwenya a précisé à News24 que le report concernait un forum de discussions bilatérales, sans lien avec les tensions xénophobes.
Le Mail & Guardian affirme, notes diplomatiques à l'appui, que les deux pays ont convenu de reporter l'événement en raison du climat actuel, mais sans mention explicite de la xénophobie dans les échanges.
Cette divergence de récits illustre les difficultés de communication entre les deux gouvernements.
Contexte xénophobe
Les tensions entre le Ghana et l'Afrique du Sud s'inscrivent dans un contexte plus large de montée des violences xénophobes en Afrique du Sud.
Depuis le 2 juillet 2026, une vague de violences vise spécifiquement les migrants africains, poussant des dizaines de milliers d'étrangers à quitter le pays.
Par exemple, des migrants zimbabwéens faisaient la queue devant le consulat du Zimbabwe au Cap le 30 juin 2026, dans un climat de peur et d'insécurité.
Ces violences ont déjà provoqué des déplacements massifs de populations, avec des milliers de personnes contraintes de fuir.
Les autorités sud-africaines sont critiquées pour leur gestion de cette crise, perçue comme un déshonneur par certains pays africains, comme le Burkina Faso.
La xénophobie en Afrique du Sud n'est pas un phénomène nouveau, mais cette escalade récente aggrave les tensions diplomatiques régionales.
Enjeux diplomatiques
Cette crise diplomatique entre le Ghana et l'Afrique du Sud révèle les défis de la coopération régionale en Afrique.
Le Ghana, en tant que pays d'accueil pour de nombreux migrants africains, adopte une position ferme contre les violences xénophobes, ce qui peut expliquer sa réaction initiale.
L'Afrique du Sud, elle, est critiquée pour ne pas suffisamment protéger les étrangers sur son territoire, malgré son rôle de puissance économique régionale.
Les deux pays sont membres de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), une organisation régionale visant à promouvoir la coopération économique et politique.
Cependant, les tensions actuelles montrent les limites de cette coopération face aux crises internes, comme la xénophobie.
Les relations bilatérales entre le Ghana et l'Afrique du Sud pourraient se tendre davantage si la situation ne s'améliore pas.
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