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La prochaine crise financière pourrait dégénérer en une spirale de destruction mutuelle

Louis Puel· 31 juillet 2026
La prochaine crise financière pourrait dégénérer en une spirale de destruction mutuelle

Le vrai risque économique est désormais géopolitique. L’article La prochaine crise financière pourrait dégénérer en une spirale de destruction mutuelle est apparu en premier sur Le Grand Continent.

Résumé

1

Crises financières et coopération

Les crises financières sont inévitables malgré la réglementation, mais leur impact dépend des réponses apportées.

Une crise peut dégénérer en spirale de destruction mutuelle si les États adoptent des mesures protectionnistes ou des représailles commerciales, comme cela s'est produit entre les deux guerres mondiales.

En revanche, une coopération internationale, comme celle observée lors de la crise de 2008, permet de stabiliser le système financier.

À l'époque, les États-Unis et la Chine ont maintenu leurs échanges commerciaux et monétaires, tandis que les banques centrales ont coordonné leurs interventions via le G20 et des lignes de swap pour fournir des liquidités.

Aujourd'hui, le contexte est plus fragile : le protectionnisme est perçu comme une réponse acceptable, et aucun pays, y compris les États-Unis, ne semble prêt à jouer un rôle stabilisateur.

Les outils de coopération, comme les lignes de swap, risquent même d'être politisés, affaiblissant ainsi la gestion des crises.

2

Finance non bancaire risquée

La finance non bancaire (IFNB) représente désormais environ la moitié des actifs financiers mondiaux et a connu une croissance deux fois plus rapide que celle des banques.

Ce secteur inclut des acteurs variés comme les fonds de pension, les fonds spéculatifs à effet de levier, les fonds monétaires ou les fonds obligataires ouverts.

Les IFNB transforment les échéances et utilisent l'effet de levier, créant des risques similaires à ceux des banques, mais avec une opacité accrue.

Par exemple, le marché du crédit privé, qui atteint près de 2 000 milliards de dollars, a été secoué en 2026 par des demandes de rachat massives, comme celles de 22 milliards de dollars au deuxième trimestre.

Les liens entre crédit privé, private equity et assurance augmentent l'exposition à des actifs illiquides et difficiles à évaluer.

Pourtant, les régulateurs assouplissent les règles pour les banques afin qu'elles puissent rivaliser avec ces acteurs moins surveillés, comme aux États-Unis avec le ratio de levier supplémentaire ou en Europe avec les règles de fonds propres.

Cette approche réduit la résilience du système financier.

3

Dette publique insoutenable

En 2024, la dette publique des pays de l'OCDE atteignait 112 % du PIB, un niveau jamais observé en temps de paix et supérieur de 40 points de pourcentage à celui de 2007.

Cette dette exerce une pression croissante sur les finances publiques, avec des paiements d'intérêts représentant 3,3 % du PIB, dépassant même les dépenses de défense.

Les États se tournent vers des instruments à court terme, comme les bons du Trésor, qui représentent 15 % de la dette totale.

Près de 45 % de cette dette arrive à échéance d'ici 2027, exposant les États aux fluctuations des marchés.

La hausse des taux d'intérêt aggrave la situation, car la viabilité de la dette dépend de l'écart entre la croissance réelle et les taux d'intérêt réels.

Les marchés obligataires, notamment ceux des États-Unis, sont devenus plus volatils et sensibles aux chocs, ce qui pourrait déstabiliser l'ordre monétaire international.

4

Banques centrales sous pression

Les banques centrales détiennent désormais une part substantielle de la dette publique, avec 29 % des obligations souveraines en 2021 dans l'OCDE, un chiffre tombé à 19 % en 2024.

Cette situation crée un risque de dominance budgétaire, où la politique monétaire est subordonnée aux besoins de financement des États.

Par exemple, une banque centrale pourrait être amenée à acheter des obligations pour stabiliser les marchés ou pour stimuler l'économie, mais ces actions peuvent être interprétées comme un financement monétaire, attisant l'inflation.

L'indépendance des banques centrales, comme la Fed aux États-Unis, est menacée par des pressions politiques, comme celles exercées par l'administration Trump.

Cette perte d'indépendance réduit la capacité des banques centrales à agir de manière neutre et efficace, surtout en période de crise.

5

Fragilité des marchés obligataires

Les marchés obligataires souverains, autrefois considérés comme stables, sont aujourd'hui fragiles.

Par exemple, les marchés obligataires des États-Unis, qui servent de référence mondiale, pourraient dysfonctionner en cas de choc.

Cette fragilité est aggravée par la dominance financière, où les besoins de financement des États limitent la capacité des banques centrales à mener une politique monétaire indépendante.

Les banques centrales pourraient être contraintes d'acheter des obligations pour stabiliser les marchés, comme en mars 2020, mais ces actions peuvent semer le doute sur leurs motivations réelles.

Cette ambiguïté affaiblit la confiance dans le système financier et complique la gestion des crises.

La stabilité des marchés obligataires est donc un enjeu majeur pour l'économie mondiale.

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