Cisjordanie: l’ONU alerte sur une violence et une annexion qui ne font qu’empirer
Deux ans après l’avis de la Cour internationale de justice déclarant illégale l’occupation israélienne de la Cisjordanie, la violence des colons et l’annexion de territoires « ne font qu’empirer », a dénoncé mercredi le Bureau des droits de l’homme de l’ONU.
Résumé
Violence record en Cisjordanie
Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), la Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967, connaît une escalade sans précédent de la violence.
Depuis une semaine, huit Palestiniens, dont un enfant, ainsi que deux soldats israéliens ont été tués.
Les attaques sont principalement attribuées à des colons israéliens, souvent en collaboration avec les forces de sécurité israéliennes.
Ces violences incluent des agressions contre des familles, la destruction ou la confiscation de biens, et l’incendie de mosquées.
Le HCDH souligne que les restrictions de circulation imposées aux Palestiniens aggravent leur situation, les empêchant d’accéder à des services essentiels comme les soins ou les écoles.
Ces restrictions s’ajoutent à une insécurité croissante dans les zones rurales et urbaines de Cisjordanie.
Colonisation accélérée
Le gouvernement israélien, dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, a autorisé l’extension des colonies en Cisjordanie, atteignant des niveaux records.
Le HCDH s’est dit alarmé par cette politique, qui s’accompagne de la création d’avant-postes illégaux selon le droit international.
Ces colonies, souvent construites sur des terres palestiniennes, réduisent l’espace vital des communautés locales et exacerbent les tensions.
Par exemple, un avant-poste a été annoncé près du village de Tell, où des violences récentes ont eu lieu.
Ces actions sont perçues comme une tentative d’annexion de facto de la Cisjordanie, une région que la communauté internationale considère comme un territoire occupé, et non comme une partie souveraine d’Israël.
Discours et représailles
Le HCDH a également exprimé son inquiétude face à des déclarations de dirigeants israéliens appelant à des représailles contre les Palestiniens, évoquant même des comparaisons avec les destructions observées dans la bande de Gaza.
Ces propos, jugés dangereux, risquent d’alimenter un cycle de violence.
Par ailleurs, des appels à des punitions collectives contre les Palestiniens ont été dénoncés.
Ces mesures, qui ciblent des communautés entières en réponse à des actes individuels, sont interdites par le droit international.
Elles aggravent les tensions et rendent la coexistence encore plus difficile dans une région déjà profondément divisée.
Camp de réfugiés menacé
Les autorités israéliennes auraient ordonné à l’armée de prendre le contrôle d’un quatrième camp de réfugiés en Cisjordanie, une décision qui pourrait avoir des conséquences humanitaires graves.
Depuis 2025, des opérations militaires dans les camps de Jénine, Tulkarem et Nur Shams ont déjà provoqué le déplacement de plus de 30 000 personnes, majoritairement des civils, dont des enfants.
Ces opérations ont détruit des habitations, des infrastructures essentielles comme les écoles ou les centres de santé, et aggravé les besoins humanitaires.
Les camps de réfugiés, souvent surpeuplés, sont des zones vulnérables où les conditions de vie sont déjà précaires en raison des restrictions imposées par Israël.
Entraves à l’aide humanitaire
L’accès à l’aide humanitaire pour les Palestiniens en Cisjordanie est fortement limité par des restrictions de circulation et des contraintes financières.
Ces obstacles empêchent les organisations comme l’UNRWA (United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East), qui gère les camps de réfugiés, d’apporter une assistance efficace.
Par exemple, les forces israéliennes ont fait irruption à deux reprises en moins d’un mois dans le centre de formation de Kalandia, à Jérusalem-Est, un établissement géré par l’UNRWA.
Pendant ces incursions, le personnel et les étudiants ont été confinés, ce qui a perturbé les activités éducatives.
Ces actions violent l’inviolabilité des locaux des Nations Unies et aggravent la crise humanitaire dans la région.
Réactions de l’ONU
Plusieurs responsables de l’ONU ont alerté sur la détérioration rapide de la situation en Cisjordanie.
Ramiz Alakbarov, Représentant adjoint de l’ONU pour le Moyen-Orient, a dénoncé une escalade des violences, notamment celles des colons contre les Palestiniens, entraînant des victimes civiles, des déplacements et des destructions de biens.
Le HCDH a appelé les États tiers à agir pour mettre fin aux violences et aux expropriations.
Cependant, les actions concrètes restent limitées, et les appels à la modération peinent à se traduire en mesures efficaces.
La communauté internationale est divisée sur la manière de résoudre ce conflit, ce qui rend toute intervention rapide peu probable.
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