Capitalisme et luttes de classe en Italie : vers une recomposition de la classe travailleuse ?
La désindustrialisation n’explique pas à elle seule l'affaiblissement de la classe travailleuse dans les pays industrialisés. Pour en comprendre la genèse, cet article revient, à partir de l’exemple italien, sur le processus à travers lequel le capitalisme néolibéral a reconfiguré la classe travail…
Résumé
Capitalisme industriel italien
Dans les années 1960-1970, l'Italie connaît une période de puissance maximale de la classe ouvrière, marquée par des luttes sociales intenses comme l'« automne chaud » de 1969.
Cette période s'appuie sur un modèle économique appelé fordisme, combinant l'organisation scientifique du travail (taylorisme) et des politiques de welfare (protection sociale).
Deux figures de travailleurs émergent alors : l'operaio massa (ouvrier de chaîne, déqualifié et interchangeable) et l'operaio sociale (ouvrier dont le travail s'étend au-delà de l'usine, incluant des activités intellectuelles et sociales).
Ce dernier reflète une prolétarisation croissante du travail intellectuel et une dépendance accrue aux processus de coopération et de reproduction sociale, notamment grâce aux apports des mouvements féministes.
Le Parti communiste italien (PCI) joue un rôle clé en promouvant une alliance entre forces productives, mais cette stratégie finit par criminaliser les dissidences de gauche extra-parlementaire.
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