Les banques centrales indépendantes prennent plus de risques, et non moins

Selon la théorie de la «domination budgétaire», les banques centrales soumises à des pressions politiques sont plus susceptibles d’être poussées à prendre des positions risquées, tandis que celles qui sont indépendantes y résistent. Mais de nouvelles estimations suggèrent le contraire. Pourquoi?
Résumé
Banques centrales et risques
L’article remet en question une idée reçue selon laquelle les banques centrales indépendantes prendraient moins de risques financiers que celles soumises à des pressions politiques.
En réalité, une étude récente menée par Bernhard Bartels, Barry Eichengreen, Julian Schumacher et Beatrice Weder di Mauro montre que les banques centrales les plus indépendantes, comme la Réserve fédérale américaine ou la Banque centrale européenne (BCE), prennent davantage de risques financiers.
Cette prise de risque s’accentue particulièrement lorsque la politique budgétaire des États se resserre, c’est-à-dire lorsque les gouvernements réduisent leurs dépenses ou augmentent les impôts pour équilibrer leurs budgets.
L’indépendance permet ainsi aux banques centrales d’agir plus librement pour atteindre leurs objectifs, comme la stabilité des prix, sans craindre des conséquences négatives sur leurs bénéfices ou leur réputation.
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