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Le plomb dans l’aile : accords et discords entre chasseurs et ornithos

Des naturalistes des terres· 8 juillet 2026
Le plomb dans l’aile : accords et discords entre chasseurs et ornithos

Des écolos s’alliant aux chasseurs ? Impensable ! Contre les lobbies réactionnaires de la chasse et par pragmatisme, des naturalistes et ornithologues militant·es défendent pourtant une proposition d’union stratégique avec un type de chasse aux oiseaux pour mieux en combattre un autre, particulière…

Résumé

1

Conflit entre chasseurs et ornithos

Le col de Lizarrieta, situé entre la France et l'Espagne en Pays Basque, est un lieu de tensions entre deux groupes : les chasseurs (notamment les filetiers, qui chassent avec des filets, et les chasseurs au fusil) et les ornithologues (naturalistes qui étudient les migrations d'oiseaux).

Ce conflit dépasse les clivages classiques entre anti-chasse et pro-chasse, car il oppose des pratiques traditionnelles et des enjeux scientifiques et écologiques.

Les ornithologues, comme ceux du collectif Naturalistes Des Terres, observent les oiseaux migrateurs depuis des décennies, tandis que les chasseurs défendent des traditions locales et des méthodes de chasse variées, parfois controversées.

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La palombe, espèce migratrice

La palombe ou Pigeon ramier (Columba palumbus) est un oiseau forestier présent dans toute l'Europe, sauf en zone arctique.

En hiver, elle migre vers la péninsule ibérique et le nord du Maghreb pour échapper au froid.

Au Pays Basque, jusqu'à 3 millions de palombes passent chaque année, principalement entre août et novembre.

Certaines restent au nord des Pyrénées, notamment dans les Landes et le Gers, où elles trouvent des graines et des abris.

Les vols se concentrent sur des cols comme Lizarrieta, où l'altitude plus basse facilite leur traversée.

La palombe est l'espèce la plus chassée en France, avec jusqu'à 4,9 millions d'individus tués chaque année.

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Chasse au fusil et pollution

Sur le col de Lizarrieta, des centaines de postes de chasse au fusil sont installés à 30 mètres d'intervalle.

Les chasseurs tirent sans quota, ce qui entraîne jusqu'à 50 000 coups de feu par saison, soit 1 700 kg de plomb déversés dans la vallée.

Une étude a révélé que les sols contiennent 820 mg de plomb par kg de terre, soit deux fois la limite légale pour qualifier un site de pollué.

Les champignons commercialisables dépassent de 4 à 14 fois la concentration réglementaire en plomb.

Les ornithologues du Comptage, Protection et Animation à Lizarrieta (CPAL) dénoncent cette pollution, qui menace aussi les habitants de la vallée.

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Chasse au filet, tradition locale

La chasse au filet, appelée pantière, est une pratique traditionnelle au Pays Basque depuis le XIVe siècle.

Elle consiste à tendre de grands filets pour capturer les palombes en vol.

Les filetiers (piégeurs) utilisent des techniques spécifiques, comme des trompes ou des cris pour rabattre les oiseaux vers les filets.

Contrairement aux chasseurs au fusil, les filetiers ne tuent pas les grives et vendent une partie de leur prise aux restaurateurs locaux.

Certains, comme Christian ou Xuria, défendent cette pratique comme une tradition culturelle, malgré les tensions avec les chasseurs au fusil.

Les filets ne représentent qu'un prélèvement de 0,3 % des palombes migratrices, contre 3 % pour les chasseurs au fusil.

5

Rôle des ornithologues

Les ornithologues du CPAL comptent les oiseaux migrateurs depuis 1980, du 15 août au 15 novembre, chaque jour de 7h à 19h.

Leur travail permet de suivre les populations d'oiseaux, leurs routes migratoires et l'impact du changement climatique.

Ils notent aussi les coups de feu pour dénoncer la pollution au plomb.

Leur association dépasse le cadre scientifique : elle milite pour la protection des oiseaux et la réduction des pratiques de chasse les plus polluantes.

Leurs comptages montrent une baisse des palombes ces dernières années, notamment après la fin des relevés du Groupe d'Investigation sur la Faune Sauvage (GIFS), une association liée aux fédérations de chasse.

6

Tensions et cohabitation

Les relations entre chasseurs et ornithologues sont tendues.

Les chasseurs au fusil, comme David, critiquent les vidéos ou rapports des ornithologues, qu'ils jugent biaisés ou montés en épingle.

Ils soulignent que les tirs excessifs viennent surtout des chasseurs espagnols, et non des Français.

Les filetiers, bien que moins polluants, subissent aussi la pression des administrations, qui soutiennent parfois les pratiques traditionnelles pour apaiser les tensions avec les associations de protection de la nature.

Michel, ornithologue et expert écologue, souligne que les filetiers sont souvent des acteurs locaux qui entretiennent les filets grâce à la vente de palombes, tandis que les chasseurs au fusil doivent acheter des places de chasse chaque année.

7

Enjeux politiques et écologiques

Les pratiques de chasse, notamment au fusil, sont pointées du doigt pour leur impact environnemental, comme la pollution au plomb.

Pourtant, les administrations semblent soutenir les chasseurs pour des raisons politiques, en légiférant contre les pratiques les moins impactantes (comme les filets) au profit de structures comme la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO).

Michel dénonce une mascarade où les pouvoirs publics utilisent les chasseurs comme boucs émissaires pour montrer leur engagement écologique, tout en favorisant la financiarisation de la chasse.

Les filetiers, eux, défendent une tradition locale, mais risquent de disparaître face à ces pressions administratives et aux lobbies de la chasse.

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