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En 67 ans, la mer a englouti une île des Salomon et une statue raconte désormais son effacement face au changement climatique

Auriane Polge· 31 juillet 2026

Au large des îles Salomon, la montée des eaux a effacé une île entière de la carte. Une sculpture se dresse aujourd'hui à l'endroit exact où elle se trouvait. Les chiffres relevés sur place dépassent de loin les moyennes mondiales.

Résumé

1

Une île des Salomon disparue

Une île nommée Kale dans l'archipel des Salomon, situé dans l'océan Pacifique, a entièrement disparu sous les eaux entre 1950 et 2017.

Les scientifiques estiment que cette submersion est directement liée au changement climatique, notamment à la montée du niveau des mers.

Cette île, qui mesurait environ 1 hectare à son apogée, était habitée par une communauté locale.

Son engloutissement illustre l'impact concret du réchauffement climatique sur les territoires insulaires, souvent les plus vulnérables aux effets des océans.

Les Salomon, un État océanien composé de près de 1 000 îles, sont particulièrement exposés en raison de leur faible altitude et de leur exposition aux tempêtes et à l'érosion côtière.

2

Montée des eaux accélérée

La disparition de l'île Kale coïncide avec une accélération de la montée du niveau des océans.

Selon les données scientifiques, le niveau des mers a augmenté en moyenne de 3,7 millimètres par an depuis 2006, un rythme bien supérieur à celui observé au XXe siècle.

Cette hausse est principalement attribuée à la dilatation thermique des océans (l'eau se dilate en se réchauffant) et à la fonte des glaciers et des calottes polaires.

Dans certaines zones des Salomon, la montée des eaux atteint jusqu'à 10 millimètres par an, soit près de trois fois la moyenne mondiale.

Ce phénomène aggrave l'érosion côtière et réduit la superficie des îles.

3

Une statue comme symbole

Pour raconter l'histoire de l'île disparue, des artistes locaux ont créé une statue intitulée « Le dernier souffle de Kale ».

Cette œuvre représente une silhouette humaine émergente des flots, symbolisant à la fois la perte de l'île et la résilience des communautés touchées.

La statue, installée sur une autre île des Salomon, sert de mémoire collective et de rappel visuel des conséquences du changement climatique.

Elle est devenue un symbole de la lutte contre le réchauffement climatique, attirant l'attention sur le sort des populations insulaires menacées par la montée des eaux.

4

Preuves scientifiques tangibles

Des études menées par des chercheurs de l'Université de Queensland en Australie ont confirmé la disparition de l'île Kale grâce à des images satellites et des relevés topographiques.

Les scientifiques ont comparé des données datant de 1950 avec des observations récentes, révélant une réduction progressive de la superficie de l'île jusqu'à sa submersion totale.

Ces travaux s'appuient sur des outils comme la télédétection et les systèmes d'information géographique (SIG), qui permettent de cartographier les changements côtiers avec une grande précision.

Les Salomon, en raison de leur vulnérabilité, sont un terrain d'étude privilégié pour comprendre les effets du changement climatique sur les îles.

5

Impact sur les populations locales

La disparition de l'île Kale a eu des conséquences directes sur les habitants des Salomon.

Les communautés locales dépendaient de cette île pour la pêche, l'agriculture et des ressources naturelles.

Son engloutissement a forcé certaines familles à se déplacer vers d'autres îles ou à s'installer sur des zones plus élevées, souvent déjà surpeuplées.

Ce phénomène illustre le concept de « réfugiés climatiques », des personnes contraintes de quitter leur territoire en raison de changements environnementaux irréversibles.

Les Salomon comptent parmi les pays les plus exposés à ce risque, avec des projections indiquant que jusqu'à 20 % de leur territoire pourrait être submergé d'ici 2100.

6

Réponse internationale limitée

Malgré l'urgence de la situation, les actions internationales pour protéger les îles des Salomon restent limitées.

Les accords comme l'Accord de Paris sur le climat, signé en 2015, visent à limiter le réchauffement climatique, mais leur mise en œuvre est inégale.

Les Salomon, comme d'autres petits États insulaires, réclament des financements supplémentaires pour des projets d'adaptation, comme la construction de digues ou le relèvement des infrastructures.

Cependant, ces demandes se heurtent à des contraintes économiques et politiques, ainsi qu'à la lenteur des mécanismes internationaux de soutien.

La communauté internationale est souvent critiquée pour son manque d'action concrète face à ces crises.

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