LibreOffice : pas d’IA tant qu’elle ne remplira pas les critères de la Document Foundation
La Document Foundation, organisation à l’origine de la suite bureautique libre LibreOffice, assume une position radicale face à l’intégration de l’intelligence artificielle dans ses outils : aucune fonctionnalité IA ne sera ajoutée tant qu’elle ne répondra pas à six critères stricts, centrés sur la souveraineté des données et la neutralité technologique. Cette prise de position, à la fois éthique et stratégique, interroge les modèles économiques des géants du numérique et pose la question de la viabilité d’un logiciel libre face à l’hégémonie des solutions propriétaires intégrant l’IA par défaut.
Quels sont les six principes imposés par la Document Foundation pour intégrer une fonctionnalité d’IA dans LibreOffice ?
La fondation exige que l’IA s’exécute exclusivement sur l’appareil de l’utilisateur, sur une infrastructure qu’il contrôle ou via un service qu’il choisit, sans transmission automatique de données, sans télémétrie, sans dépendance à un seul fournisseur, avec un contenu généré au format ODF préservant la structure, et enfin comme une fonction optionnelle, désinstallable et absente par défaut.
Pourquoi la Document Foundation rejette-t-elle catégoriquement l’intégration de l’IA générative par défaut dans LibreOffice ?
Elle invoque la protection des données sensibles, notamment dans des contextes comme les hôpitaux, les écoles ou les administrations, où la confidentialité est cruciale. L’organisation souligne aussi l’absence de modèle économique incitatif pour une fondation à but non lucratif, contrairement aux acteurs comme Microsoft qui lient l’IA à des abonnements payants.
Quelles solutions alternatives la Document Foundation propose-t-elle aux utilisateurs souhaitant utiliser l’IA avec LibreOffice ?
Elle recommande d’utiliser des extensions tierces, comme celles se connectant à des modèles locaux via des outils comme Ollama ou LM Studio, tout en invitant à une vigilance accrue sur les politiques de confidentialité des fournisseurs de ces extensions.
Comment la Document Foundation justifie-t-elle sa position face aux évolutions rapides de l’IA ?
Elle admet que les modèles ouverts progressent plus vite que prévu, mais insiste sur la nécessité de vérifier que toute intégration future respecte ses principes, sans céder à la pression d’une adoption hâtive ou par défaut.
Ce que ça pourrait changer
Cette posture pourrait renforcer l’attractivité de LibreOffice auprès des organisations soucieuses de souveraineté numérique, mais risque aussi de limiter son adoption dans des environnements où l’IA générative devient un standard. Elle interroge par ailleurs la capacité des logiciels libres à rivaliser avec des suites bureautiques intégrant l’IA de manière opaque, tout en posant la question de leur pérennité face à l’évolution des attentes des utilisateurs.

