Exécutée avec sa grand-mère parce qu’elle a dénoncé son proxénète
Le procès de Mahad Farrah, accusé d’avoir commandité le meurtre de Jade Racette Beaulieu et de sa grand-mère en décembre 2023, révèle les mécanismes de la violence extrême dans les réseaux de proxénétisme. L’affaire illustre comment la dénonciation d’un proxénète peut transformer une victime en cible prioritaire, posant la question de l’efficacité des dispositifs de protection pour les témoins dans les milieux criminels organisés.
Quel rôle précis est attribué à Mahad Farrah dans ces meurtres ?
La Couronne accuse Mahad Farrah, 27 ans, d’avoir commandité les meurtres de Jade Racette Beaulieu et de sa grand-mère Huguette Maranda Beaulieu. Selon la poursuite, il aurait appris deux semaines avant les faits que Jade l’avait dénoncé à la police et identifié comme son proxénète, ce qui l’aurait poussé à organiser leur exécution pour éliminer un témoin.
Comment les meurtres se sont-ils déroulés selon l’accusation ?
Dans la nuit du 15 décembre 2023, Jade Racette Beaulieu aurait reçu des textos anonymes lui demandant de sortir de chez elle. Un guet-apens l’attendait dehors : un tireur a fait feu à trois reprises. Jade a tenté de se réfugier dans la maison, mais le tireur l’a poursuivie jusqu’à la chambre où se trouvait sa grand-mère. Les deux femmes ont été abattues : Huguette Maranda Beaulieu a reçu cinq projectiles alors qu’elle était dans son lit, tandis que Jade a été touchée à trois reprises dans le dos alors qu’elle était allongée entre le lit et le mur.
Quelles preuves la Couronne compte-t-elle présenter pour étayer ses accusations ?
La Couronne prévoit faire entendre une vingtaine de témoins, dont la sœur de la victime présente dans la maison au moment des faits. Elle entend également présenter la déclaration vidéo que Jade Racette Beaulieu a faite aux policiers deux mois avant sa mort, où elle détaillait sa relation avec Mahad Farrah. La poursuite s’appuie sur l’idée que ces meurtres constituent une exécution motivée par la dénonciation du proxénète.
Ce que ça pourrait changer
Cette affaire soulève des questions sur l’efficacité des mécanismes de protection pour les victimes et témoins de proxénétisme, ainsi que sur la capacité des institutions à garantir leur sécurité face à des réseaux criminels organisés. Elle met aussi en lumière la vulnérabilité des proches des victimes, souvent pris pour cible par représailles, ce qui pourrait inciter à renforcer les dispositifs de soutien psychologique et juridique pour les familles.

