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La Russie choisit de prendre le contrôle des supermarchés français Auchan et des filiales suisses de Nestlé présents sur son territoire

Source unique·il y a 3 j

Le décret russe du 17 septembre 2026 marque une escalade dans la stratégie de Moscou pour nationaliser les actifs des entreprises occidentales jugées non coopératives, illustrant la radicalisation d’un conflit économique où la souveraineté prime sur les équilibres commerciaux. Cette mesure, ciblant Auchan et Nestlé, révèle une logique punitive envers les groupes ayant maintenu une présence locale tout en limitant leurs engagements, contrairement à d’autres acteurs ayant choisi une sortie négociée.

Quelles entreprises sont directement visées par le décret russe et quel est le mécanisme appliqué ?

Le décret place sous administration extérieure temporaire les filiales russes d’Auchan, du groupe suisse Nestlé (via ses entités Nestlé Deutschland AG et Société des Produits Nestlé), ainsi que de l’enseigne de bricolage Lemana Pro (ex-Leroy Merlin). La gestion opérationnelle est transférée à L.E.V. Management, une société moscovite dirigée par Andreï Kraiouchkine, privant les groupes occidentaux de tout pouvoir décisionnel sur la stratégie commerciale, les nominations ou les flux financiers, bien qu’ils conservent la propriété juridique de leurs actifs.

Pourquoi Nestlé et Auchan ont-ils été ciblés par cette mesure, alors que d’autres multinationales ont réussi à réduire leur exposition sans subir de reprise en main ?

Nestlé a été visé après une plainte déposée par l’entreprise russe KS Logistika, l’accusant d’avoir gelé ses investissements et cessé d’exporter sa production locale, ce qui contreviendrait aux attentes de Moscou en matière de réinvestissement et de contribution économique. Auchan, bien que présent depuis 2002 avec un réseau de 230 magasins, n’a pas échappé à cette logique punitive, malgré une stratégie de maintien d’une activité réduite. Contrairement à Carlsberg ou Danone, qui négociaient une sortie, ces deux groupes ont choisi de rester sans céder aux pressions, ce qui les a rendus vulnérables à une intervention directe de l’État.

Quelles sont les réactions officielles des autorités françaises face à ce décret ?

Les ministères français des Affaires étrangères et de l’Économie ont dénoncé dans un communiqué commun la mise sous administration provisoire, la qualifiant de mesure sans justification et appelant les autorités russes à revenir sur leur décision. Ils précisent être en contact étroit avec les entreprises concernées, mais aucune issue diplomatique n’a encore été rendue publique.

Ce que ça pourrait changer

Cette décision pourrait accélérer la sortie définitive des multinationales occidentales du marché russe, même pour celles qui avaient opté pour une présence résiduelle, fragilisant davantage leur position stratégique en Europe de l’Est. À plus long terme, elle renforce l’argumentaire de Moscou selon lequel les entreprises étrangères doivent aligner leurs activités sur les priorités nationales, sous peine de perdre le contrôle de leurs actifs. Enfin, elle pose la question de la crédibilité des engagements des groupes occidentaux dans des marchés perçus comme instables, avec des conséquences potentielles sur leur attractivité future.

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