La fréquentation d’institutions muséales en baisse de 5% au Québec
Pour la première fois depuis la reprise post-pandémie, les institutions muséales québécoises enregistrent un recul de leur fréquentation, avec une baisse de 5 % en 2025. Ce phénomène, qui contraste avec la dynamique des années précédentes, interroge sur les causes structurelles ou conjoncturelles d’un désengagement partiel du public, alors que les musées peineraient à retrouver leur attractivité d’avant 2020. La répartition inégale des pertes entre les différents types d’institutions et les régions souligne également une fracture territoriale et sectorielle dans l’accès à la culture.
Quelles catégories d’institutions muséales sont les plus touchées par cette baisse de fréquentation ?
Les lieux d’interprétation en sciences subissent le recul le plus marqué avec une chute de 23 % des visites, suivis des musées d’histoire, d’ethnologie et d’archéologie (-11 %). Les musées d’art et centres d’exposition enregistrent également une baisse de 7 %, tandis que les musées de sciences restent stables, bien qu’ils restent les plus populaires avec 33 % des visites totales.
Comment se répartit géographiquement cette baisse de fréquentation au Québec ?
La baisse est particulièrement marquée dans certaines régions comme la Mauricie (-34 %), la Montérégie (-29 %), Lanaudière (-23 %) et le Bas-Saint-Laurent (-20 %). À l’inverse, des hausses significatives sont observées dans la Côte-Nord et le Nord-du-Québec (+27 %), les Laurentides (+25 %), la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (+20 %) et le Saguenay–Lac-Saint-Jean (+17 %).
Quelle est la part des visites concentrées dans la région de Montréal ?
La région administrative de Montréal représente 51 % des entrées du réseau muséal en 2025, un chiffre stable par rapport à 2024 (50 %), mais en légère baisse de 2 % par rapport à l’année précédente, avec 6,0 millions de visites.
Ce que ça pourrait changer
Cette baisse de fréquentation pourrait signaler un essoufflement de l’engouement post-pandémie pour les institutions culturelles, notamment dans les secteurs moins accessibles ou moins adaptés aux nouvelles attentes du public. Elle invite à interroger les stratégies de reconquête des publics, notamment en ciblant les régions les plus touchées et en repensant l’offre muséale pour les sciences et l’histoire, dont l’attractivité décline. À plus long terme, ce recul pourrait aussi interroger le rôle des musées dans la société québécoise et leur capacité à se réinventer face à des loisirs concurrents.

