Une nouvelle menace plane sur les tournages américains au Québec
Alors que le Québec mise depuis des années sur l’attractivité de ses studios pour capter une part des tournages hollywoodiens, un projet de crédit d’impôt américain pourrait rebattre les cartes. Cette mesure, encore hypothétique, risquerait de fragiliser une industrie locale déjà dépendante des productions étrangères, dont la valeur dépasse désormais 1,7 milliard de dollars par an. Entre enjeux économiques et équilibre géopolitique des flux de production, la question dépasse le simple cadre fiscal pour interroger la résilience d’un modèle québécois désormais sous pression.
Quel est l’objectif du projet de crédit d’impôt américain évoqué dans l’article ?
Le projet vise à inciter les studios hollywoodiens à privilégier les tournages aux États-Unis en leur offrant un avantage fiscal, avec pour conséquence un possible doublement de la part des films américains tournés localement d’ici 2030, passant de 34 % à 65 %.
Quels acteurs québécois sont directement concernés par cette mesure et comment réagissent-ils ?
Le Bureau du cinéma et de la télévision du Québec (BCTQ), représenté par Stéphane Cardin, estime que l’industrie québécoise ne serait pas en danger, soulignant l’incapacité des États-Unis à absorber tous les tournages. L’Alliance québécoise des techniciennes et techniciens de l’image et du son (AQTIS) défend quant à elle les retombées positives des productions américaines pour l’emploi et l’expertise locale.
Quelles données économiques illustrent l’importance des tournages étrangers pour le Québec ?
Les productions étrangères et les services de production ont généré une valeur de 1,7 milliard de dollars pour l’industrie québécoise lors de l’exercice 2024-2025, représentant près de la moitié d’un secteur global estimé à 3 milliards de dollars.
Ce que ça pourrait changer
Si le crédit d’impôt américain se concrétisait, le Québec devrait redoubler d’efforts pour maintenir son attractivité, malgré un avantage géographique et une expertise reconnue. La concurrence accrue pourrait entraîner une baisse des volumes de production étrangère, mais aussi une réorientation des ressources vers des créneaux moins exposés à la concurrence directe des États-Unis. À plus long terme, la question de la souveraineté culturelle et de l’autonomie des choix de production québécois pourrait resurgir.

