Lisez des livres pour enfants pour ne pas perdre le goût de l’émerveillement !
Dans un essai publié par The Atlantic, la journaliste Anna Holmes défend une idée contre-intuitive : relire des livres pour enfants permettrait aux adultes de préserver une forme d’émerveillement essentielle à la créativité et à l’adaptation face aux crises contemporaines. Cette proposition soulève une question plus large sur la valeur culturelle et cognitive des récits destinés à la jeunesse, souvent relégués au rang de simples divertissements naïfs.
Pourquoi Anna Holmes considère-t-elle les livres pour enfants comme un remède à la perte d’émerveillement chez les adultes ?
Holmes avance que ces ouvrages, souvent jugés puérils, possèdent une magie rare : ils offrent un regard neuf et créatif sur le monde, une capacité à voir l’ordinaire avec une curiosité intacte. Leur simplicité narrative et leur absence de cynisme leur permettraient de contourner les mécanismes de désillusion propres à l’âge adulte, en réactivant une forme d’innocence cognitive.
Quels exemples concrets de livres pour enfants Anna Holmes cite-t-elle pour illustrer son propos ?
Parmi les titres qu’elle conserve depuis les années 1970-1980, on trouve Jour de neige d’Ezra Jack Keats, La Demoiselle aux lupins de Barbara Cooney, La Petite Maison de Virginia Lee Burton, ou encore Des myrtilles pour Lily de Robert McCloskey. Ces œuvres, selon elle, incarnent une esthétique et une narration capables de transcender leur public cible.
Quel geste personnel de l’auteure sert de déclencheur à sa réflexion sur la littérature jeunesse ?
En mars 2020, lors d’un déménagement, Anna Holmes a choisi de se séparer de six caisses de livres adultes (essais, classiques comme Moby Dick ou Le Conte de deux cités), tout en conservant ses livres pour enfants. Ce geste, presque symbolique, révèle une hiérarchie implicite de valeurs littéraires, où la littérature jeunesse est perçue comme un patrimoine intime et vital.
Ce que ça pourrait changer
Cette réflexion invite à repenser la hiérarchie culturelle entre les genres littéraires, en suggérant que la littérature jeunesse pourrait jouer un rôle de laboratoire d’idées pour les adultes. Elle ouvre aussi la voie à une réévaluation des récits comme outils de résilience, notamment dans un contexte de crises multiples où l’innovation et l’adaptabilité sont cruciales. Enfin, elle interroge les mécanismes de transmission culturelle et leur capacité à préserver des formes de pensée alternatives.

