«Sur le fil»: l’itinérance, au-delà des campements et des sollicitations
La série Sur le fil de Radio-Canada aborde l’itinérance à travers le prisme d’un centre d’hébergement temporaire, en déconstruisant les clichés médiatiques pour révéler la complexité humaine et institutionnelle de ce phénomène. En s’appuyant sur des témoignages réels et une approche fictionnelle, la production interroge les limites de l’intervention sociale et les tensions entre altruisme et épuisement professionnel dans un secteur souvent invisibilisé.
Quels sont les enjeux centraux explorés par la série Sur le fil à travers le personnage de Nathalie, interprété par Céline Bonnier ?
La série met en lumière les dilemmes d’une directrice d’organisme communautaire, tiraillée entre son engagement altruiste et les risques de l’épuisement professionnel, voire du syndrome du sauveur. Son parcours révèle aussi comment son histoire familiale influence ses choix, tout en soulignant les conditions précaires du travail dans le milieu de l’itinérance, marqué par des salaires modestes et des horaires extensifs.
Comment la scénariste Pascale Renaud-Hébert justifie-t-elle le choix de décrire l’itinérance à travers des personnages variés et des retours en arrière ?
Elle explique que ces choix narratifs visent à humaniser les personnes en situation d’itinérance en montrant leur diversité et leurs parcours complexes, loin des stéréotypes. Les retours en arrière permettent de comprendre les causes de leur précarité, tandis que l’humour et les confidences servent à briser la stigmatisation, en s’inspirant de récits réels recueillis auprès d’intervenants et d’usagers.
Quel rôle jouent les consultants externes, comme la travailleuse de rue Annie Archambault, dans la création de la série ?
Ces consultants ont permis d’ancrer la fiction dans une réalité tangible, en apportant leur expertise sur les mécanismes de l’itinérance et les pratiques des centres d’hébergement. Leur implication garantit une représentation plus fidèle des dynamiques sociales et des défis rencontrés par les intervenants, tout en évitant les représentations caricaturales.
Ce que ça pourrait changer
Cette série pourrait contribuer à une meilleure compréhension des enjeux de l’itinérance en mettant en avant le travail méconnu des intervenants sociaux et la diversité des parcours. Elle pourrait aussi sensibiliser le public à la nécessité de soutenir financièrement et humainement ces structures, tout en interrogeant les limites des politiques publiques en matière de logement et d’accompagnement social.

