Le Canada « ouvert aux affaires » : de grands investisseurs mondiaux attendus à Toronto
Alors que le Canada tente de se repositionner comme une destination d’investissement crédible face à une image de risque persistante, le premier ministre Mark Carney organise un sommet à Toronto pour séduire les plus grands gestionnaires d’actifs mondiaux. Derrière l’objectif affiché d’attirer mille milliards de dollars d’ici cinq ans se cache une stratégie plus large : redéfinir la perception du pays comme un territoire fiable, stable et ouvert aux affaires, malgré des défis structurels et géopolitiques persistants.
Quels secteurs économiques le Canada met-il en avant pour attirer les investissements internationaux ?
L’énergie, les infrastructures et les minéraux stratégiques sont présentés comme les piliers de la stratégie canadienne. L’énergie, en particulier, se distingue comme le domaine le plus attractif, bien qu’elle soit aussi perçue comme la plus risquée en raison de revirements politiques possibles et de contraintes réglementaires.
Quelles mesures concrètes le gouvernement de Mark Carney a-t-il prises pour faciliter l’investissement étranger ?
Ottawa a créé le Bureau des grands projets et adopté la Loi sur l’unité de l’économie canadienne, visant à rationaliser les procédures d’autorisation des projets nationaux. Ces initiatives s’ajoutent à une réduction des formalités administratives et à une volonté de simplifier les approbations, bien que des barrières commerciales interprovinciales subsistent.
Pourquoi les investisseurs étrangers restent-ils méfiants malgré les efforts du Canada ?
Les craintes portent principalement sur la fragmentation réglementaire, les risques de revirements politiques et les contraintes de liquidité ou d’échelle, notamment dans le secteur énergétique. La stabilité politique et la prévisibilité des politiques sont considérées comme essentielles, mais des progrès restent nécessaires pour convaincre pleinement les gestionnaires d’actifs.
Quel rôle joue la relation Canada-États-Unis dans les discussions avec les investisseurs ?
La guerre commerciale entre les deux pays est un sujet sensible, mais Mark Carney mise sur la fiabilité du Canada comme fournisseur de ressources et de biens, au-delà de sa dépendance économique aux États-Unis. Certains investisseurs pourraient hésiter en raison de cette proximité, mais d’autres marchés pourraient compenser ce risque.
Ce que ça pourrait changer
Si le sommet parvient à inverser la perception du Canada comme un territoire risqué, cela pourrait relancer des investissements massifs dans des projets stratégiques, notamment dans la transition énergétique et les infrastructures. Cependant, la réussite dépendra de la capacité du gouvernement à concilier les attentes des investisseurs avec les réalités politiques et sociales, notamment en matière de soutien autochtone et de cohésion interprovinciale.

