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CULTURE

Sabrina Krief, sœur de primates 5/5 : Sauver les singes pour sauver l’humain ?

Source unique·25 sept.

La primatologue Sabrina Krief, après trois décennies de terrain en Ouganda, élargit son combat pour les chimpanzés à une réflexion systémique sur la survie des espèces et des écosystèmes. Son approche, mêlant science, économie locale et pédagogie, interroge la possibilité de concilier préservation de la biodiversité et développement humain, dans un contexte où 70 % des grands singes ont disparu en cinquante ans. Une vision où la protection des primates devient le miroir des enjeux globaux de l'Anthropocène.

Quel est le lien entre la déforestation en Ouganda et la survie des chimpanzés, selon Sabrina Krief ?

La déforestation, principalement causée par l'agriculture commerciale, détruit les habitats des chimpanzés et réduit leur population de 70 % en cinquante ans. Sabrina Krief démontre que cette pratique, en plus de menacer les espèces, perturbe les équilibres écologiques dont dépendent aussi les populations humaines locales, notamment via l'érosion des sols et la pollution des ressources.

Comment Sabrina Krief associe-t-elle les communautés locales à la protection des chimpanzés ?

Elle transforme les habitants, producteurs et décideurs en alliés en développant des projets concrets comme l'agroforesterie et la production de thé bio et équitable, qui leur offrent des alternatives économiques durables. Son travail repose sur la pédagogie et le dialogue pour leur faire prendre conscience des conséquences globales de leurs pratiques, tout en leur garantissant des revenus dignes.

Quels outils ou initiatives Sabrina Krief a-t-elle créés pour sensibiliser au-delà des frontières ougandaises ?

Elle a lancé un label Chimpanzee Friendly et une association, I run for Chimps, afin de toucher les populations occidentales, souvent responsables indirectes de la déforestation via la demande en produits agricoles. Ces initiatives visent à créer un lien de responsabilité partagée entre les consommateurs et la protection des grands singes.

Ce que ça pourrait changer

Cette approche pourrait inspirer des modèles de conservation où la protection de la biodiversité devient un levier de développement local, plutôt qu'un frein. Elle souligne aussi l'urgence d'une prise de conscience collective, où la survie des espèces n'est pas un luxe, mais une condition sine qua non pour la résilience des écosystèmes et des sociétés humaines. À l'inverse, l'échec de tels projets risquerait d'accélérer l'effondrement des populations de grands singes et d'aggraver les crises environnementales mondiales.

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