"Soudain" : Virginie Efira et Ryusuke Hamaguchi sont les invités exceptionnels des Midis de Culture
L’invitation de Virginie Efira et Ryusuke Hamaguchi aux Midis de Culture de France Culture met en lumière Soudain, dernier film du réalisateur japonais primé à Cannes, où se croisent une réflexion sur les soins et une amitié bouleversante. Entre innovation narrative et humanisme radical, cette œuvre interroge la capacité du cinéma à transformer les rapports sociaux par l’écoute et la vulnérabilité partagée, dans un contexte où les modèles traditionnels de la médecine et de l’accompagnement sont remis en cause.
Quel rôle joue l’amitié entre les deux personnages principaux dans Soudain et comment s’articule-t-elle avec la thématique centrale du film ?
L’amitié entre Marie-Lou (Virginie Efira), directrice d’un établissement pour personnes âgées, et Mari (Tao Okamoto), une metteuse en scène japonaise en lutte contre un cancer, devient le moteur d’un combat commun pour « rendre possible l’impossible ». Elle incarne une alliance contre les résistances institutionnelles, notamment face à la réticence d’une partie des équipes à adopter une philosophie de soins innovante comme l’Humanitude, et illustre la puissance transformatrice des liens humains dans l’adversité.
En quoi Soudain s’inscrit-il dans la continuité artistique de Ryusuke Hamaguchi, notamment après Drive my car et Le Mal n’existe pas ?
Hamaguchi confirme avec Soudain une signature esthétique et thématique marquée par une exploration des relations humaines dans l’épreuve, où le dialogue et l’écoute deviennent des outils de résistance. Après le Grand Prix de Venise pour Le Mal n’existe pas et les multiples récompenses de Drive my car (dont l’Oscar du meilleur film international), ce nouveau film approfondit sa réflexion sur la dignité et la vulnérabilité, tout en élargissant son champ d’investigation aux enjeux du vieillissement et de la maladie.
Quelle est la source d’inspiration littéraire du film et comment influence-t-elle sa construction narrative ?
Le film s’inspire librement du livre Quand la vie prend un tournant inattendu, un recueil de correspondances entre Makiko Miyano et Maho Isono publié en 2019. Cette matière épistolaire, centrée sur l’échange et la résilience, nourrit la structure du récit, où les lettres et les silences jouent un rôle aussi important que les dialogues, renforçant l’idée que la communication, même fragmentée, peut être un acte de survie et de réinvention.
Ce que ça pourrait changer
Ce film pourrait contribuer à populariser des approches alternatives en soins, comme l’Humanitude, et interroger les modèles traditionnels de la médecine en plaçant l’humain au cœur des pratiques. Il soulève aussi des questions sur la représentation des maladies chroniques et du vieillissement au cinéma, où l’intimité et la vulnérabilité deviennent des forces narratives plutôt que des tabous. Enfin, il renforce l’influence du cinéma japonais contemporain en Europe, où Hamaguchi est désormais reconnu comme un auteur majeur du XXIe siècle.

