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DROIT

Quand les migrants font vivre un milliard de proches

Source unique·il y a 6 j

Les transferts d’argent des migrants vers leur pays d’origine, souvent réduits à des chiffres macroéconomiques, révèlent une réalité sociale bien plus profonde : ils soutiennent directement plus d’un milliard de personnes, principalement dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Leur croissance fulgurante (+94 % entre 2016 et 2025) dépasse largement celle des flux migratoires eux-mêmes, posant la question de leur rôle structurel dans les économies locales et de leur vulnérabilité face aux politiques migratoires des pays d’accueil.

Quels sont les montants et la répartition des envois de fonds des migrants en 2025 ?

Les transferts des migrants ont atteint environ 233 milliards de dollars vers les économies rurales en 2025, tandis que les ménages en ont investi 22 milliards par an dans les systèmes agroalimentaires. À l’échelle mondiale, l’Asie-Pacifique concentre 53 % des flux totaux (384,9 milliards de dollars), suivie par l’Afrique (124,2 milliards) et l’Amérique latine-Caraïbes (168,6 milliards, en hausse de 132 % sur la décennie).

Pourquoi ces transferts sont-ils qualifiés de « bouée de sauvetage » pour les familles bénéficiaires ?

Environ 75 % des fonds servent à couvrir des besoins essentiels comme l’alimentation, le logement ou les services de base, tandis que le reste finance santé, éducation, épargne ou activités économiques. Ils dépassent désormais l’aide publique au développement et les investissements directs étrangers dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, jouant un rôle clé face aux chocs climatiques ou aux crises économiques.

Quels pays dépendent le plus de ces transferts et pourquoi cette dépendance est-elle risquée ?

En 2025, les envois de fonds représentaient 30 % du PIB du Honduras, 28 % de celui du Salvador et 27 % de celui du Nicaragua, principalement en provenance des États-Unis. Cette dépendance expose les familles à des risques majeurs : une expulsion, une restriction d’accès à l’emploi ou une baisse de la demande de main-d’œuvre chez les migrants pourraient réduire drastiquement ces flux, mettant en péril les moyens de subsistance de millions de personnes.

Quel est le coût des transferts d’argent et quels obstacles persistent malgré la digitalisation ?

En 2025, les transferts numériques coûtent en moyenne 4,6 % du montant envoyé, contre 7,3 % pour les services non numériques. Pourtant, seuls 35 % des services étudiés permettent un transfert entièrement numérique, de l’expéditeur au bénéficiaire. Le FIDA souligne la nécessité de réduire ces coûts et d’améliorer la transparence, tout en élargissant l’accès aux services financiers.

Ce que ça pourrait changer

Ces flux financiers, bien que vitaux, ne doivent pas masquer leur caractère précaire : leur stabilité dépend des politiques migratoires des pays d’accueil et de la résilience économique des migrants. À long terme, leur rôle ne saurait se substituer aux investissements publics ou à la protection sociale, mais leur persistance pourrait inciter les États à repenser les mécanismes de solidarité transnationale, notamment face aux crises climatiques ou aux inégalités persistantes.

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