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SOCIÉTÉ

La Russie veut couper internet en Ukraine, mais elle vise les mauvaises infrastructures

Source unique·2 oct.

Depuis fin septembre, la Russie multiplie les frappes ciblées contre les infrastructures internet ukrainiennes, officiellement pour perturber les communications. Pourtant, ces attaques révèlent une méconnaissance des cibles stratégiques et une résilience inattendue du réseau, soulignant les limites des stratégies de déstabilisation numérique en temps de guerre. L’enjeu dépasse la simple coupure de connexion : il interroge la capacité des États à neutraliser des systèmes décentralisés et interconnectés, même dans un conflit asymétrique.

Pourquoi les frappes russes contre les infrastructures internet ukrainiennes échouent-elles à paralyser le réseau ?

Les attaques visent souvent des infrastructures obsolètes ou mal identifiées, comme le siège d’Ukrtelecom abandonné depuis des années, ou des opérateurs surestimés par Moscou. De plus, le marché ukrainien est extrêmement fragmenté, avec près de 2 000 fournisseurs indépendants, chacun doté de systèmes de redondance et de sauvegarde qui limitent l’impact des destructions ciblées.

Quels acteurs ukrainiens résistent le mieux aux attaques et comment s’organisent-ils ?

Les fournisseurs d’accès ukrainiens, bien que touchés à plusieurs reprises depuis 2022, ont renforcé leur coopération et mutualisé leurs ressources. Des experts comme Oleksandr Olshanskyi, surnommé le « père de l’Internet ukrainien », soulignent que même une attaque massive ne pourrait mettre hors service un opérateur correctement sécurisé, grâce à des protocoles de résilience éprouvés.

Quelles conséquences concrètes les frappes ont-elles eues sur la population ukrainienne ?

Les attaques ont provoqué des perturbations limitées dans le temps et l’espace : moins de 3 % des abonnés ont subi des coupures, généralement pendant quelques heures. Ces incidents restent marginaux comparés aux dégâts humains et matériels de la guerre, mais ils illustrent la vulnérabilité des infrastructures critiques face à une stratégie de harcèlement ciblé.

Ce que ça pourrait changer

Ces tentatives russes révèlent une sous-estimation de la résilience des réseaux modernes, où la décentralisation et l’interconnexion rendent toute paralysie totale improbable. À l’inverse, elles pourraient inciter d’autres États à investir davantage dans des systèmes de secours et des alliances technologiques, transformant les cyberattaques en un levier de guerre moins efficace qu’escompté. La guerre en Ukraine pourrait ainsi redéfinir les doctrines de cyberguerre, en mettant l’accent sur la dissuasion plutôt que sur la destruction.

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