Colombie : De la Espriella se met en scène parmi les morts d’une opération militaire
La diffusion d’une vidéo macabre par le président colombien Abelardo de la Espriella, se mettant en scène parmi des sacs mortuaires censés contenir les corps de guérilleros des Farc, marque un tournant dans la communication politique colombienne. Cette mise en scène, à la fois symbolique et provocatrice, s’inscrit dans une stratégie de guerre totale contre les groupes armés, révélant les tensions entre mémoire du conflit et radicalisation des méthodes sécuritaires.
Quelle opération militaire est évoquée dans la vidéo diffusée par Abelardo de la Espriella ?
L’opération militaire mentionnée a eu lieu dans le département du Guaviare le dimanche 30 août 2026, visant un groupe dissident des Farc. Elle a abouti, selon le président, à l’élimination du chef d’un « front » et à la saisie d’armes, comme le montre la vidéo publiée sur ses réseaux sociaux le mercredi 2 septembre.
Pourquoi cette vidéo suscite-t-elle une polémique en Colombie ?
La vidéo est jugée inhabituelle car elle montre un président se promenant parmi des sacs mortuaires, une pratique rare dans un pays marqué par des décennies de conflit interne où les dirigeants évitent généralement de s’exposer ainsi. Elle rappelle aussi les stratégies de communication de dirigeants comme Donald Trump ou Nayib Bukele, suscitant des comparaisons avec des méthodes autoritaires.
Quelles sont les références politiques d’Abelardo de la Espriella dans sa stratégie de communication ?
Le président colombien s’inspire ouvertement de figures comme Donald Trump, connu pour ses mises en scène de résultats militaires, et Nayib Bukele, dont la communication repose sur des images de répression musclée contre les gangs. Ces références illustrent une approche sécuritaire radicale, en rupture avec la politique de « paix totale » précédente.
Ce que ça pourrait changer
Cette stratégie de communication pourrait renforcer la légitimité d’Abelardo de la Espriella auprès de son électorat, mais elle risque aussi d’alimenter les critiques sur les dérives autoritaires et la militarisation excessive de la société colombienne. Elle pose également la question de la crédibilité des bilans officiels, dans un pays où les « faux positifs » ont marqué l’histoire récente.

