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La plus vieille épave du monde vient d'être découverte au large des côtes turques

Source unique·il y a 1 h

La découverte d’une épave vieille de 4 400 à 4 700 ans au large des côtes turques bouleverse notre compréhension des échanges maritimes en Méditerranée à l’aube de l’âge du bronze. Ce vestige, contemporain de la construction des pyramides d’Égypte, offre une fenêtre inédite sur les réseaux commerciaux antiques, tout en soulevant des interrogations sur les pratiques de transport et de réutilisation des contenants. Au-delà de sa valeur archéologique, cette trouvaille interroge la manière dont les sociétés anciennes ont structuré leurs échanges à l’échelle régionale, dans un contexte où les naufrages étaient fréquents et les routes maritimes encore mal documentées.

Quels indices archéologiques permettent de dater précisément cette épave ?

Les archéologues s’appuient sur le style des poteries retrouvées, notamment des amphores à deux anses, une arête et une base plate, dont les caractéristiques correspondent à des modèles égyptiens et moyen-orientaux du début de l’âge du bronze. Cette comparaison stylistique, combinée à l’analyse des techniques de décoration, a permis une datation estimée entre 4 400 et 4 700 ans, avec une certitude absolue pour le début de cette période.

Quels éléments suggèrent que ce navire était un bateau marchand plutôt qu’un navire de guerre ou de transport de passagers ?

La taille du navire, estimée à 10 mètres de long, ainsi que la présence de plus de trente amphores et de trois ancres en pierre indiquent clairement une fonction commerciale. Les amphores, souvent réutilisées, contenaient des résidus dont la nature reste indéterminée, mais leur nombre et leur disposition sur une pente sous-marine à faible profondeur renforcent l’hypothèse d’un navire dédié au commerce.

Pourquoi les archéologues hésitent-ils à identifier la nature exacte des résidus retrouvés dans les jarres ?

Les résidus visqueux et brillants découverts dans certaines amphores pourraient correspondre à de l’huile d’olive, du vin ou des résines d’arbres, mais leur analyse ne permet pas encore de trancher. Les chercheurs soulignent également la possibilité que ces contenants aient été réutilisés à plusieurs reprises pour différents usages, ce qui complique l’interprétation de leur contenu initial.

Quelles routes commerciales cette épave pourrait-elle éclairer, et pourquoi cette région est-elle particulièrement propice aux naufrages ?

Le navire semble avoir navigué depuis la côte méditerranéenne orientale, avec une destination probable vers l’ancienne cité de Troie ou la civilisation minoenne en Crète. La région autour de l’île de Kekova, où l’épave a été découverte, est réputée pour ses courants violents et ses vents imprévisibles, ce qui explique la fréquence des naufrages et en fait un terrain d’étude privilégié pour l’archéologie sous-marine.

Ce que ça pourrait changer

Cette découverte pourrait réécrire certains chapitres de l’histoire économique antique en révélant l’ampleur et la complexité des échanges maritimes dès le début de l’âge du bronze. Elle met aussi en lumière la résilience des pratiques commerciales, où les contenants étaient réutilisés sur de longues périodes, suggérant une économie circulaire bien plus ancienne qu’on ne le pensait. Enfin, elle rappelle l’importance de préserver les sites archéologiques sous-marins, menacés par le pillage ou les perturbations environnementales.

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