Hausse de 60 % des arrestations et des détentions de Canadiens aux États-Unis
Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier 2025, les arrestations et détentions de Canadiens aux États-Unis ont connu une hausse spectaculaire de 60 % en un an, selon les données d’Affaires mondiales Canada. Ce phénomène, qui s’accompagne d’un recul de 25 % des séjours de Canadiens aux États-Unis, interroge sur les méthodes de l’administration américaine en matière d’immigration et leurs conséquences sur les résidents canadiens, souvent installés depuis des décennies.
Quelles sont les données clés concernant les arrestations et détentions de Canadiens aux États-Unis ?
Entre avril 2025 et mars 2026, Affaires mondiales Canada recense 557 cas d’arrestations ou de détentions de Canadiens aux États-Unis, contre 361 l’année précédente, soit une hausse de 60 %. Parallèlement, le nombre de séjours de Canadiens aux États-Unis a chuté de 25 %, passant de 26,8 millions à 20 millions sur la même période.
Qui sont les Canadiens les plus exposés à ces arrestations et détentions ?
Les Canadiens concernés sont majoritairement des résidents permanents aux États-Unis depuis des décennies, souvent mariés à des Américains, parents d’enfants américains ou percevant des pensions locales. Certains ont été interpellés pour des infractions mineures, comme un dépassement de durée de visa temporaire ou un vote illégal, tandis que d’autres ont fait l’objet de rafles ciblées par l’ICE, notamment après des condamnations anciennes pour agression, possession de drogue ou conduite en état d’ivresse.
Quelles sont les méthodes suspectées par les avocats spécialisés pour expliquer cette hausse ?
Len Saunders, avocat spécialisé en droit de l’immigration, soupçonne l’administration Trump d’avoir élargi ses cibles au-delà des travailleurs illégaux à bas salaire, en utilisant des bases de données comme les listes électorales ou des registres de condamnations pour identifier des personnes éligibles à l’expulsion. Cette stratégie, si elle est confirmée, marquerait un changement dans l’approche des autorités américaines, autrefois plus indulgentes envers les résidents permanents de longue date.
Comment expliquer l’augmentation des dossiers consulaires impliquant des enfants et des familles ?
Affaires mondiales Canada note une hausse de 25 % des dossiers consulaires concernant des enfants et des familles sur trois ans, avec 804 cas recensés. Ces dossiers portent notamment sur des litiges de garde d’enfants, des mariages forcés ou des conflits liés aux mères porteuses, souvent dans des pays comme les États-Unis, l’Inde ou le Pakistan. Cette tendance reflète une complexification des enjeux migratoires et familiaux, aggravée par les crises géopolitiques et les catastrophes naturelles.
Ce que ça pourrait changer
Cette hausse des arrestations et détentions pourrait renforcer l’image d’un pays moins accueillant pour les Canadiens, notamment ceux résidant aux États-Unis depuis des années. Elle soulève des questions sur la sécurité juridique des résidents permanents canadiens et pourrait inciter Ottawa à renforcer ses mécanismes de protection consulaire, voire à revoir ses recommandations aux voyageurs. À plus long terme, ce durcissement pourrait aussi influencer les flux migratoires entre les deux pays, en décourageant les séjours prolongés ou les installations aux États-Unis.

