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GÉNÉRALISTE

La Mostra de Venise remet les femmes en haut de l’affiche

Source unique·il y a 8 j

La 83e édition de la Mostra de Venise a révélé une tension entre les avancées symboliques en faveur des réalisatrices et la persistance de débats structurels sur l’égalité dans le cinéma. Le Lion d’or décerné à Woman Unknown de May el-Toukhy, sous la présidence d’un jury dirigé par Maggie Gyllenhaal, interroge la capacité des grands festivals à corriger les déséquilibres de représentation, tandis que des œuvres comme NAZA ou Un Bon Petit Soldat soulignent des fractures politiques et sociales plus larges.

Pourquoi la remise du Lion d’or à May el-Toukhy est-elle significative au-delà de la récompense elle-même ?

Le choix du jury, dirigé par Maggie Gyllenhaal, s’inscrit dans une réponse directe aux critiques sur le faible nombre de réalisatrices en compétition, un « problème systémique » dénoncé dès l’ouverture du festival. La récompense de Woman Unknown, qui met en scène des femmes « invisibles et privées de voix », devient ainsi un acte symbolique fort, tout en interrogeant la capacité des institutions cinématographiques à transformer durablement leurs pratiques de sélection.

Quel rôle a joué Maggie Gyllenhaal dans cette édition, et quels messages a-t-elle transmis ?

Maggie Gyllenhaal, présidente du jury, a utilisé sa position pour mettre en lumière les inégalités persistantes dans l’industrie cinématographique, notamment à travers la récompense de May el-Toukhy et la Coupe Volpi attribuée à Mathilde Arcel. Son discours, relayé par la réalisatrice lauréate, a aussi servi de tribune pour dénoncer l’absence de parité dans les sélections des grands festivals, tout en soulignant l’importance de donner la parole à des récits centrés sur des femmes.

Comment le documentaire NAZA a-t-il cristallisé les tensions géopolitiques lors de cette édition ?

NAZA, réalisé par Yuval Abraham et Rachel Szor, a provoqué une onde de choc en dénonçant, à travers des témoignages de militaires israéliens, les politiques de déshumanisation des Palestiniens à Gaza. Le film, primé d’un prix spécial du jury, a été présenté comme une réponse à la violence systémique israélienne, tout en suscitant des réactions vives en Israël, où ses réalisateurs ont été la cible d’attaques. Son impact à Venise illustre la difficulté de concilier débat artistique et engagement politique dans un contexte de conflit.

Ce que ça pourrait changer

Cette édition de la Mostra pourrait marquer un tournant dans la visibilité des réalisatrices et des récits féminins, mais aussi dans l’intégration des questions géopolitiques dans les discours cinématographiques. Cependant, le risque persiste que ces avancées restent symboliques sans transformations structurelles dans les mécanismes de sélection des festivals. Par ailleurs, la polarisation autour de NAZA montre que le cinéma peut servir de caisse de résonance à des conflits politiques, avec des conséquences imprévisibles sur la réception des œuvres.

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