Le “prix Nobel alternatif” récompense des femmes qui résistent
En 2026, le Right Livelihood Award, souvent désigné comme le « prix Nobel alternatif », rompt avec ses traditions en récompensant exclusivement des femmes et des organisations féminines engagées dans la contestation des rapports de domination. Cette initiative, née d’un refus des Nobel en 1980, souligne une réponse symbolique et stratégique aux structures de pouvoir inégalitaires, alors que les enjeux de justice sociale et environnementale restent au cœur des débats globaux.
Qu’est-ce que le Right Livelihood Award et en quoi se distingue-t-il des prix Nobel traditionnels ?
Créé en 1980, le Right Livelihood Award a été fondé après le rejet par la Fondation Nobel de deux nouvelles récompenses dédiées à la justice sociale et à l’environnement, notamment pour des acteurs issus du Sud global. Contrairement aux Nobel, il met l’accent sur des profils engagés dans des luttes concrètes contre les inégalités systémiques, sans se limiter à des critères académiques ou institutionnels.
Quels profils ou organisations ont été récompensés en 2026 et sur quelles bases ?
Les lauréates 2026 sont l’avocate pakistanaise Jalila Haider, la chercheuse américaine Timnit Gebru, ainsi que deux organisations : l’Assemblée des femmes rurales de onze pays d’Afrique australe et l’Association des jeunes avocates de Géorgie. Elles sont distinguées pour leur résistance face à des systèmes d’exclusion et leur volonté de placer l’humain au centre des priorités, face à des pouvoirs établis (patriarcat, autocraties, élites technocratiques).
Pourquoi cette édition 2026 du prix se concentre-t-elle exclusivement sur des femmes et des organisations dirigées par des femmes ?
Cette orientation reflète une volonté de corriger un déséquilibre structurel dans la reconnaissance des luttes sociales et environnementales, souvent portées par des femmes mais marginalisées dans les sphères de pouvoir. Elle s’inscrit aussi dans une dynamique de réécriture des règles par des actrices qui contestent l’hégémonie des groupes dominants, comme le souligne Ole von Uexkull, directeur de Right Livelihood.
Ce que ça pourrait changer
Cette distinction pourrait renforcer la visibilité des combats portés par des femmes dans des domaines clés comme les droits humains, l’environnement ou la technologie, tout en offrant une plateforme alternative aux récits dominants. Elle interroge aussi la capacité des institutions traditionnelles à intégrer ces enjeux sans passer par des mécanismes parallèles, révélant les limites des récompenses établies face à des défis systémiques.

