À la veille de la rentrée scolaire, les frappes russes ont détruit 12 millions de livres en Ukraine
Alors que l'Ukraine se prépare à une rentrée scolaire déjà marquée par l'urgence humanitaire, les frappes russes ciblent délibérément l'un des piliers de sa résilience : son patrimoine littéraire et éducatif. En détruisant 12 millions de livres, dont une partie essentielle pour les manuels scolaires, Moscou ne se contente pas de frapper des infrastructures matérielles, mais s'attaque à un vecteur central de la transmission identitaire ukrainienne, révélant une stratégie de guerre culturelle aussi méthodique que dévastatrice.
Pourquoi les frappes russes sur les imprimeries ukrainiennes peuvent-elles être qualifiées de stratégie délibérée ?
Les attaques se concentrent sur des sites logistiques et des entrepôts contenant des stocks massifs de livres, comme en témoigne Viktoria Haidai, directrice commerciale d'une maison d'édition de Kiev, qui souligne que plus de trente-cinq sites d'édition ont été ciblés en deux mois. Ces cibles, souvent éloignées des zones de combat, suggèrent une volonté d'affaiblir la capacité de l'Ukraine à produire et diffuser sa culture et son éducation, au-delà d'un simple dommage collatéral.
Quel est l'impact concret de ces destructions sur l'éducation en Ukraine à l'approche de la rentrée scolaire ?
Une imprimerie de Kiev, qui devait livrer 1,3 million de manuels scolaires pour le 1ᵉʳ septembre, a été réduite en cendres, privant des milliers d'élèves de ressources pédagogiques essentielles. Avec un tiers des livres imprimés en Ukraine détruits cette année, la crise s'étend au-delà des manuels, menaçant l'accès à la littérature et aux ouvrages d'occasion, comme ceux du marché de Pochaina à Kiev.
Comment la Russie justifie-t-elle ces attaques contre le patrimoine culturel ukrainien ?
L'article ne mentionne aucune justification officielle de Moscou pour ces frappes. En revanche, la ministre ukrainienne de la Culture, Tetyana Berezhna, interprète ces attaques comme une tentative de nier l'existence même de l'Ukraine en tant que nation, en s'en prenant à des symboles historiques et culturels qui incarnent son identité depuis des siècles.
Ce que ça pourrait changer
Ces destructions pourraient accélérer la dépendance de l'Ukraine envers des solutions numériques pour préserver son patrimoine, mais risquent aussi de creuser les inégalités éducatives entre les zones touchées et celles épargnées par les frappes. À plus long terme, cette stratégie de guerre culturelle pourrait renforcer la cohésion nationale ukrainienne en réaction, mais fragilisera durablement les infrastructures éducatives et culturelles du pays.

