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La Russie prend le contrôle des supermarchés français Auchan et des filiales suisses de Nestlé présents sur son territoire

Source unique·il y a 21 j

Le décret russe du 17 septembre 2026 marque une escalade dans la stratégie de Moscou pour nationaliser les actifs des multinationales occidentales encore présentes sur son territoire, après trois ans de tensions économiques post-invasion de l'Ukraine. Cette mesure, qui transfère le contrôle opérationnel d'Auchan et des filiales russes de Nestlé à une entité locale, révèle la fragilité des stratégies de présence minimaliste adoptées par ces groupes pour concilier intérêts commerciaux et contraintes géopolitiques.

Quelles entreprises sont directement concernées par le décret russe et en quoi consiste exactement la mesure ?

Le décret cible principalement le distributeur français Auchan, présent en Russie via environ 230 magasins, ainsi que les filiales russes de Nestlé (Nestlé Russia et Nestlé Kuban), spécialisées dans l'agroalimentaire. La mesure transfère la gestion opérationnelle de ces actifs à L.E.V. Management, une société moscovite dirigée par Andreï Kraiouchkine, tout en laissant la propriété juridique aux groupes occidentaux. Les décisions stratégiques (nominations, flux financiers) échappent désormais à leurs dirigeants historiques.

Pourquoi la Russie a-t-elle choisi ce moment pour activer cette procédure contre Nestlé et Auchan ?

La décision s'inscrit dans un processus lancé en 2023, permettant à l'État russe de placer sous administration temporaire les actifs d'entreprises issues de pays jugés « inamicaux ». Pour Nestlé, la requête émanant de l'entreprise russe KS Logistika reprochait au groupe suisse d'avoir gelé ses investissements locaux et cessé d'exporter sa production russe, ce qui a justifié, selon Moscou, une reprise en main des activités. Auchan, bien que moins explicitement visé, n'a pas été épargné malgré sa stratégie de réduction d'activité.

Quelles sont les réactions des autorités françaises et des groupes concernés face à cette décision ?

Les ministères français des Affaires étrangères et de l'Économie ont dénoncé dans un communiqué commun la mise sous administration provisoire, la qualifiant de mesure « sans justification ». Ils affirment être en contact avec les entreprises concernées. Nestlé, pour sa part, a déclaré n'avoir reçu aucun avertissement préalable et étudie des recours juridiques pour protéger ses droits et ceux de ses salariés, sans annoncer de suspension d'activité ou de départ du marché russe pour l'instant.

Ce que ça pourrait changer

Cette décision pourrait accélérer l'exode des multinationales occidentales du marché russe, déjà fragilisées par un environnement réglementaire imprévisible. Pour les groupes restants, elle pose la question de la viabilité d'une stratégie de présence minimaliste face à des autorités russes de plus en plus enclines à nationaliser les actifs stratégiques. À plus long terme, ce type de mesure risque de renforcer la dépendance de la Russie aux acteurs locaux pour les chaînes d'approvisionnement et la distribution, tout en alimentant les tensions commerciales avec l'Occident.

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