Avec son plan M&M's, l'Ukraine voulait cibler les aéroports de Moscou avec des drones guidés par IA
L’Ukraine a envisagé en 2026 une opération militaire inédite contre les aéroports de Moscou, utilisant des essaims de drones autonomes guidés par intelligence artificielle. Ce projet, baptisé M&M’s, révèle une escalade stratégique risquée, où la précision technologique se heurte aux dilemmes éthiques et juridiques d’une guerre où les civils pourraient être directement exposés. Il interroge aussi les rapports de force internes à Kiev, où des ambitions militaires se heurtent à des rivalités politiques sous l’état de siège.
Quel était l’objectif précis du plan M&M’s et pourquoi les drones autonomes en faisaient-ils une arme particulièrement redoutable ?
L’objectif était de paralyser durablement les aéroports de Moscou, notamment ceux de Vnoukovo et Domodedovo, pour empêcher les compagnies internationales de desservir la capitale russe. L’usage de drones autonomes guidés par IA, capables de frapper sans intervention humaine, rendait l’opération potentiellement dévastatrice : jusqu’à 1 000 drones par nuit devaient submerger les défenses aériennes russes, avec un risque accru de dommages collatéraux sur des cibles civiles ou des avions de ligne.
Pourquoi Volodymyr Zelensky a-t-il finalement freiné — puis stoppé — la mise en œuvre de ce plan malgré son soutien initial ?
Le président ukrainien craignait que l’opération ne soit perçue comme un acte de « piraterie » si des drones touchaient un avion civil, provoquant des victimes parmi les passagers ou le personnel aéroportuaire. Bien qu’il ait autorisé la poursuite des préparatifs pendant plusieurs mois pour tenter de relancer le processus de paix, le limogeage en juillet 2026 du ministre de la Défense Mykhaïlo Fedorov — instigateur du projet et rival politique — a conduit à l’abandon définitif du plan.
Quels acteurs ukrainiens étaient impliqués dans le développement du système de drones autonomes, et pourquoi ce projet a-t-il été maintenu secret ?
Le projet était porté par Mykhaïlo Fedorov, ministre de la Défense et architecte du programme de drones militaires ukrainien, qui a constitué une équipe de programmeurs locaux et obtenu des financements européens. Le plan a été gardé secret, y compris auprès de proches collaborateurs, en raison de sa sensibilité stratégique et des risques politiques liés à son ambition : une opération d’une telle envergure pouvait être perçue comme une provocation majeure envers la Russie.
Quelles sont les incertitudes juridiques et éthiques soulevées par l’utilisation de drones autonomes dans ce contexte ?
L’utilisation de systèmes d’armes autonomes dotés d’IA pose des questions sur leur conformité au droit international, notamment en cas de dommages collatéraux sur des civils. The Atlantic souligne que plusieurs pays, dont les États-Unis, ont testé de tels systèmes, mais leur légalité reste débattue. En Ukraine, l’absence d’armes à longue portée suffisamment précises pour éviter les risques civils a rendu ce plan particulièrement controversé.
Ce que ça pourrait changer
Ce projet illustre l’évolution des conflits modernes, où l’innovation technologique bouscule les cadres traditionnels de la guerre, entre gains stratégiques et risques humanitaires. Il révèle aussi les tensions internes dans un pays en guerre, où les rivalités politiques peuvent étouffer des initiatives militaires audacieuses. Enfin, il pose la question de la responsabilité en cas d’échec ou d’accident, alors que les drones autonomes brouillent les frontières entre cible militaire et victime civile.

