Nétanyahou demande une enquête sur les participants du film «NAZA»
Le documentaire NAZA, primé à la Mostra de Venise pour son traitement des mécanismes de guerre israéliens à Gaza, déclenche une crise politique en Israël. Le premier ministre Benjamin Nétanyahou exige une enquête judiciaire contre ses participants anonymes, accusés de diffamer l’armée et l’État. Cette réaction illustre la tension entre liberté artistique, critique institutionnelle et instrumentalisation politique dans un conflit déjà marqué par une polarisation extrême.
Quels sont les fondements des accusations portées par le documentaire NAZA contre l’armée israélienne ?
Le film s’appuie sur les témoignages anonymes de 24 militaires et agents des services de renseignement israéliens. Ceux-ci affirment que l’armée israélienne tue intentionnellement de nombreux civils lors de frappes contre le Hamas à Gaza, en utilisant systématiquement le terme NAZA (acronyme militaire désignant les « dommages collatéraux » estimés avant chaque frappe) comme justification opérationnelle.
Comment les autorités israéliennes ont-elles réagi au documentaire et à ses auteurs ?
Benjamin Nétanyahou a demandé l’ouverture d’une enquête judiciaire contre les participants du film, les menaçant de poursuites. Il a également annoncé un projet de loi visant à déchoir de leur citoyenneté les personnes qui diffament les soldats de Tsahal. Les réalisateurs, Yuval Abraham et Rachel Szor, ont été accusés de « trahison » par des ministres et menacés de perdre leur nationalité israélienne.
Pourquoi le documentaire NAZA a-t-il suscité une telle polémique en Israël ?
Le film a été perçu comme une attaque frontale contre l’armée et l’État israélien, notamment en raison de son impact international. La récompense obtenue à la Mostra de Venise, accompagnée d’une ovation de 25 minutes, a amplifié la portée des accusations. En Israël, où le consensus autour de la guerre à Gaza reste fort, les réactions ont été particulièrement vives, avec des accusations de « récit mensonger » et de « diffamation » portées contre les réalisateurs.
L’armée israélienne a-t-elle répondu aux accusations portées dans le documentaire ?
Oui, l’armée a « catégoriquement » rejeté les allégations du film, mettant en doute la fiabilité des témoignages anonymes. Elle n’a cependant pas détaillé de contre-enquête ou de preuves contredisant les assertions des participants, se contentant d’une dénégation globale.
Ce que ça pourrait changer
Cette affaire pourrait renforcer la polarisation autour du conflit israélo-palestinien, en instrumentalisant la justice pour museler la critique. Elle interroge aussi la capacité des démocraties à concilier liberté d’expression et impératifs sécuritaires, surtout dans un contexte de guerre prolongée où les récits officiels dominent l’espace médiatique. Enfin, elle pourrait servir de précédent pour d’autres poursuites contre des œuvres documentaires ou journalistiques critiques envers les institutions.

