Le retour au bureau 3 jours/semaine n’a pas livré ses promesses, dit un syndicat
La politique de retour au bureau à raison de trois jours par semaine dans la fonction publique québécoise, présentée comme un levier de productivité et de cohésion, révèle des résultats décevants selon une consultation du SPGQ. Six mois après son application, les promesses d’amélioration de la collaboration et de la concentration s’effritent, tandis que les effets pervers – fatigue numérique, absentéisme et détérioration du bien-être – s’accumulent, remettant en cause la pertinence d’une mesure imposée sans évaluation préalable des besoins réels des employés.
Quels sont les impacts concrets mesurés par le SPGQ sur la productivité et la concentration des fonctionnaires après six mois de retour au bureau trois jours par semaine ?
Près de 62,5 % des répondants déclarent une détérioration de leur productivité personnelle, et 79,2 % estiment que leur capacité de concentration s’est également dégradée. Ces chiffres contrastent avec l’objectif initial du gouvernement, qui visait à renforcer ces aspects par la présence physique au bureau.
Pourquoi le président du SPGQ, Guillaume Bouvrette, qualifie-t-il la situation de « téléprésentiel » et quel rôle joue ce phénomène dans les résultats observés ?
Le néologisme « téléprésentiel » désigne la persistance des réunions virtuelles même en présentiel, combinée à des espaces de bureau mal adaptés. Selon Bouvrette, cette pratique, couplée à des bureaux à aire ouverte peu propices à la concentration, explique en grande partie la fatigue numérique accrue (29,4 % des répondants en présentiel contre 9,7 % en télétravail) et la détérioration des conditions de travail.
Quel est l’impact de la nouvelle politique sur l’attractivité de la fonction publique québécoise comme employeur ?
Une écrasante majorité des répondants (86,1 %) estime que la politique de retour au bureau trois jours par semaine rend la fonction publique moins attrayante. Ce rejet massif, combiné à la hausse de l’absentéisme et à la détérioration du sentiment d’appartenance, interroge la capacité de l’État à recruter et retenir les talents nécessaires à la qualité des services publics.
Quelles sont les principales recommandations du SPGQ pour corriger cette politique et quels arguments avancent-ils pour les justifier ?
Le SPGQ propose de réévaluer la politique pour en faire un outil de collaboration réelle, voire de ramener l’obligation à deux jours par semaine, voire moins selon les besoins. Ces suggestions s’appuient sur les constats d’échec partiel (77,8 % des répondants ne voient aucun effet sur la collaboration) et sur l’argument économique : le télétravail permettrait déjà des économies de plus de 200 millions de dollars par an pour le gouvernement.
Ce que ça pourrait changer
Cette étude du SPGQ pourrait servir de catalyseur pour une révision en profondeur des politiques de présentiel dans la fonction publique, avec des répercussions possibles sur d’autres secteurs où le télétravail s’est imposé. Elle soulève aussi des questions sur la légitimité des décisions managériales imposées sans consultation préalable des principaux concernés, risquant d’aggraver les tensions sociales dans un contexte déjà marqué par des taux d’absentéisme élevés et une crise de sens dans le travail.

