Le dossier du racisme allégué de policiers à Montréal-Nord entre les mains du DPCP
Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a transmis au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) un dossier concernant des allégations de gestes racistes commis par des policiers du poste 39 à Montréal-Nord. Cette transmission, qui intervient après une enquête interne, soulève des questions sur la capacité des institutions à sanctionner leurs propres dérives, alors que la crédibilité des forces de l’ordre est déjà fragilisée par des rapports critiques sur leur gestion du racisme systémique.
Quels sont les faits reprochés aux policiers du SPVM dans ce dossier ?
Les allégations portent sur des actes discriminatoires et racistes commis par des policiers du poste de quartier 39 à Montréal-Nord, notamment la collecte de mèches de cheveux de personnes appréhendées comme trophées. Ces faits ont été révélés publiquement en juin 2023 par le chef de la police Fady Dagher, conduisant au démantèlement de cette unité comptant 16 policiers.
Qui décide désormais de la suite à donner à ce dossier ?
C’est le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) qui tranchera quant au dépôt d’éventuelles accusations criminelles. Le SPVM a transmis son dossier après une enquête interne, mais la décision finale lui revient, comme le prévoit la procédure habituelle pour toute infraction alléguée.
Quelles mesures ont déjà été prises par le SPVM dans cette affaire ?
Quatre policiers ont été suspendus en lien avec ces allégations, et l’unité du poste 39 a été démantelée. Le SPVM précise que d’autres dossiers « connexes » sont encore en cours d’investigation, mais refuse pour l’instant de divulguer davantage de détails.
Ce que ça pourrait changer
Cette affaire pourrait tester la capacité des institutions policières à se réformer de l’intérieur, alors que les soupçons de racisme systémique au sein du SPVM persistent. Si des accusations étaient retenues, cela pourrait renforcer les exigences de transparence et de sanctions exemplaires, sous peine d’aggraver la défiance des citoyens envers les forces de l’ordre. À l’inverse, un classement sans suite risquerait d’alimenter les critiques sur l’impunité des policiers.

