«Hantée», un projet de cœur
Le film Hantée, coécrit par India Desjardins et réalisé par Rafaël Ouellet, incarne une alliance audacieuse entre le cinéma pop et une réflexion sur l’intimidation et l’agentivité féminine. À travers une narration où le surnaturel sert de métaphore, le projet interroge la capacité du divertissement à porter un discours social sans sacrifier son accessibilité, tout en s’inscrivant dans une tradition de clins d’œil cinéphiles assumés.
Comment le scénario de Hantée est-il né, et quel rôle a joué l’improvisation dans ce processus ?
Le scénario est né d’une séance d’improvisation où le partenaire d’India Desjardins, impatient face à son refus de choisir un film à regarder, l’a incitée à formaliser l’idée qu’elle aurait aimée voir. Cette dynamique a conduit à l’écriture d’un récit où une adolescente, Mathilde, découvre une maison hantée et une amitié improbable avec un fantôme, Isabeau, explorant des thèmes comme l’exil et la résilience.
Pourquoi Rafaël Ouellet, réalisateur connu pour des films réalistes et sombres, a-t-il accepté de réaliser Hantée ?
Rafaël Ouellet a été séduit par la richesse visuelle et narrative du scénario, qui mêlait humour, émotion et suspense, tout en évoquant pour lui un cinéma d’enfance qu’il affectionne. Il a perçu une complémentarité avec India Desjardins, malgré leurs univers a priori éloignés, et a souligné leur complicité créative comme un facteur décisif.
Quels sont les enjeux esthétiques et narratifs que le film cherche à concilier ?
Le film vise à équilibrer une ambiance de maison hantée, des clins d’œil cinéphiles subtils et une narration accessible à un public jeunesse, tout en intégrant une réflexion sur l’intimidation et l’agentivité féminine. Cette tension entre genre et message social est assumée, avec des personnages aux traits marqués et une esthétique soignée, portée par la collaboration avec le directeur photo Steve Asselin.
Ce que ça pourrait changer
Ce film pourrait redéfinir les attentes envers le cinéma pop en prouvant qu’il peut à la fois divertir et porter un discours social sans tomber dans le moralisme. Il pourrait aussi inspirer une nouvelle génération de réalisateurs à explorer des genres hybrides, où le fantastique sert de véhicule à des enjeux contemporains. Enfin, il pose la question de la pérennité des œuvres qui osent mêler humour et profondeur, dans un paysage cinématographique souvent segmenté par tranches d’âge.

