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Il offre des baskets à la Croix-Rouge et les suit avec un AirTag : ils parcourent 800 km et arrivent dans un endroit incroyable

Source unique·30 sept.

L’expérience d’un influenceur allemand, qui a dissimulé un AirTag dans des baskets données à la Croix-Rouge pour en tracer le parcours, révèle les failles d’un système de redistribution humanitaire souvent perçu comme transparent. Entre traçabilité technologique et opacité des circuits de revente, cette enquête met en lumière un paradoxe : des dons destinés à aider les plus démunis peuvent, après un long voyage, se retrouver sur des étals à l’étranger, soulevant des questions éthiques et logistiques sur la gestion des dons vestimentaires.

Quel dispositif a permis de suivre le parcours des baskets et comment a-t-il fonctionné ?

L’influenceur a utilisé un AirTag, un petit tracker Bluetooth d’Apple intégré dans la semelle des baskets, qui transmet sa position via le réseau des iPhone environnants. Grâce à l’application Localiser, il a pu suivre en temps réel les déplacements des chaussures sur près de 800 kilomètres, depuis l’Allemagne jusqu’à une petite ville bosnienne.

Que sont devenues les baskets après leur don et quel rôle joue la Croix-Rouge dans ce circuit ?

Après leur don en Bavière, les baskets ont transité par plusieurs pays avant d’atterrir dans un marché de vêtements d’occasion en Bosnie-Herzégovine, où elles étaient proposées à la vente pour 10 euros. La Croix-Rouge allemande a expliqué que ses dons suivent des circuits multiples : une partie est distribuée localement, tandis que les articles jugés invendables ou de moindre qualité sont revendus à des sociétés spécialisées à l’étranger, les bénéfices servant à financer d’autres actions humanitaires.

Pourquoi cette expérience suscite-t-elle une polémique malgré l’absence d’illégalité ?

Le scandale réside moins dans l’illégalité du processus que dans le manque de transparence qui l’entoure. Les donateurs s’attendent généralement à ce que leurs vêtements soient directement redistribués à des personnes dans le besoin, alors qu’une partie est revendue à l’étranger, parfois sans que cela soit clairement communiqué. Cette opacité alimente une défiance envers les organisations caritatives, dont les pratiques restent mal connues du grand public.

Ce cas est-il isolé ou s’inscrit-il dans une tendance plus large de traçabilité des dons ?

Cette expérience s’inscrit dans une série d’enquêtes similaires menées par des influenceurs ou citoyens à l’aide d’AirTags, notamment aux États-Unis, où des déchets plastiques ou des vêtements ont été retrouvés dans des décharges ou des marchés étrangers après leur don. Ces initiatives révèlent une tendance croissante à utiliser la technologie pour interroger les pratiques des acteurs du recyclage et de la redistribution, malgré les dénégations des organisations concernées.

Ce que ça pourrait changer

Cette affaire pourrait inciter les organisations caritatives à repenser leur communication sur le devenir des dons, en intégrant des outils de traçabilité accessibles au public. À plus long terme, elle pourrait aussi pousser les donateurs à privilégier des circuits alternatifs (donations locales, associations de proximité) ou à exiger une transparence accrue, transformant ainsi les attentes en matière de responsabilité sociale des entreprises et des ONG. Enfin, elle interroge le rôle des technologies comme l’AirTag dans la démocratisation de l’enquête citoyenne, entre empowerment et surveillance des systèmes opaques.

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