L'État sort 300 000 logements du statut de « passoires thermiques »
Alors que les vagues de chaleur s’intensifient en France, une mesure récente de l’État visant à sortir 300 000 logements du statut de passoires thermiques suscite des critiques. En modifiant le facteur de conversion de l’électricité dans le diagnostic de performance énergétique (DPE), les pouvoirs publics privilégient une approche réglementaire qui évite des interdictions de location, mais risque de diluer les incitations à rénover. Une décision qui interroge la cohérence entre transition énergétique et adaptation climatique.
Que change exactement l’arrêté signé le 19 août 2026 ?
L’arrêté réduit le facteur de conversion de l’électricité dans le DPE, passant de 1,9 à 1,7. Cette modification améliore artificiellement l’étiquette énergétique des logements chauffés à l’électricité, permettant à environ 300 000 passoires thermiques d’échapper à l’interdiction de location prévue par la réglementation.
Quels sont les effets pervers de cette mesure selon les observateurs ?
Les associations comme le collectif Rénovons dénoncent une approche qui « casse le thermomètre » sans rendre les logements plus habitables ni réduire les factures d’énergie. La mesure réduirait aussi l’incitation à rénover, alors que les canicules récurrentes soulignent l’urgence d’améliorer l’isolation des habitats.
Pourquoi cette décision est-elle prise en pleine canicule ?
La concomitance entre la signature de l’arrêté et les épisodes de chaleur extrême en août 2026 souligne une contradiction apparente : alors que le gouvernement met en avant la lutte contre la précarité énergétique, cette mesure évite des interdictions de location sans résoudre les problèmes structurels de performance des logements.
Ce que ça pourrait changer
Cette réforme pourrait freiner la dynamique de rénovation énergétique en France, alors que les objectifs climatiques exigent une accélération des travaux. Elle pose aussi la question de la crédibilité des outils de mesure (DPE) face à des ajustements réglementaires perçus comme des contournements. Enfin, elle risque de creuser les inégalités d’accès aux aides à la rénovation pour les ménages occupant les logements concernés.

