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GÉOPOLITIQUE

Percuté par un vélo, le maire de Côme interdit les deux-roues dans le centre-ville

Source unique·il y a 10 j

La décision radicale du maire de Côme, Alessandro Rapinese, d’interdire les vélos dans une partie du centre-ville après avoir été percuté par un deux-roues électrique soulève une question plus large : jusqu’où la subjectivité d’un élu peut-elle influencer des politiques publiques au détriment de l’intérêt général ? Entre mesure sécuritaire et revanche personnelle, cette initiative illustre les tensions entre mobilité douce et gestion urbaine, dans une ville où le vélo est pourtant un mode de déplacement ancré dans les habitudes.

Quelle est la mesure prise par le maire de Côme et sur quelles rues porte-t-elle ?

Alessandro Rapinese a interdit la circulation des vélos dans trente rues du centre-ville historique de Côme. Désormais, les cyclistes devront descendre de leur vélo et le pousser à pied dans ces zones, une décision présentée comme une mesure de sécurité pour les piétons et les touristes.

Pourquoi cette interdiction a-t-elle été décidée, selon le maire ?

Le maire justifie cette mesure par la nécessité de préserver la sécurité des nombreux piétons et touristes fréquentant le centre-ville. Il évoque notamment le risque que représentent les vélos électriques, dont il a lui-même fait les frais le 18 juillet 2026, lorsqu’il a été percuté par un deux-roues électrique, subissant des ecchymoses et des contusions.

Comment l’opposition et les habitants ont-ils réagi à cette décision ?

Plusieurs responsables politiques de l’opposition, ainsi que des habitants, ont interprété cette interdiction comme une mesure de vengeance personnelle du maire. L’association culturelle Nova Como a annoncé une manifestation pour le 12 septembre afin de protester contre cette décision, confirmant le clivage entre les partisans et les détracteurs de Rapinese.

Comment le maire se défend-il face aux critiques ?

Rapinese assume pleinement sa décision, affirmant que ses expériences personnelles influencent ses choix politiques. Il déclare avoir été « renversé par ces animaux-là » et s’interroge sur ce qui se serait passé si un enfant ou une personne âgée avait été à sa place. Il rejette les accusations de cabale, attribuant les critiques à son succès politique : il se présente comme le seul maire à avoir battu simultanément la droite et la gauche depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Ce que ça pourrait changer

Cette décision pourrait marquer un tournant dans la gestion des mobilités douces en Italie, où les villes cherchent à concilier attractivité touristique et transition écologique. Elle révèle aussi les risques d’une politique publique dictée par des considérations individuelles plutôt que par une vision collective, susceptible d’alimenter les tensions sociales et de fragiliser la crédibilité des élus locaux. À plus long terme, elle interroge la place du vélo dans les centres-villes européens, entre symboles de modernité et sources de conflits d’usage.

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