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De la régulation à l'écosystème : l'avenir de la souveraineté technologique face aux crises

Source unique·6 oct.

La souveraineté numérique européenne, longtemps réduite à un cadre réglementaire ou protectionniste, se heurte aujourd’hui à une réalité industrielle : sans écosystème technologique intégré, les crises géopolitiques et économiques risquent de fragiliser durablement l’autonomie stratégique de l’UE. Un rapport du CIANum et une tribune de Pierre-Yves Hentzen, PDG de Stormshield, soulignent l’urgence de passer d’une logique de décrets à une construction concrète de filières souveraines, où interopérabilité et commande publique deviennent les piliers d’une résilience collective face aux chocs futurs.

Pourquoi la souveraineté numérique européenne ne peut-elle plus se contenter d’une approche purement réglementaire ?

L’article souligne que les régulations existantes, bien qu’indispensables, ne suffisent plus à garantir une autonomie technologique durable. Le CIANum et Pierre-Yves Hentzen insistent sur la nécessité de structurer des filières industrielles robustes, une interopérabilité entre acteurs européens, et une commande publique alignée sur des critères de sécurité, pour transformer la souveraineté numérique en un écosystème opérationnel plutôt qu’en un simple cadre juridique.

Quels sont les principaux défis identifiés pour construire cet écosystème souverain ?

Les obstacles majeurs relèvent de l’alignement des acteurs (entreprises, institutions, startups) autour d’une vision commune, de la fragmentation des infrastructures existantes, et de la concurrence des géants extra-européens qui dominent encore des segments clés. Le texte évoque aussi la nécessité de coordonner les politiques publiques avec les besoins industriels, sans quoi les mesures resteront inefficaces face aux crises.

Quel rôle joue la commande publique dans cette transition vers la souveraineté technologique ?

La commande publique est présentée comme un levier stratégique pour stimuler l’innovation locale et créer un marché captif pour les acteurs européens. En exigeant des solutions sécurisées et souveraines dans les appels d’offres, les États membres pourraient accélérer le développement de filières compétitives, tout en réduisant la dépendance aux technologies étrangères.

Ce que ça pourrait changer

Si cette approche est adoptée, l’Europe pourrait réduire sa vulnérabilité aux crises géopolitiques et économiques en sécurisant ses infrastructures critiques, tout en renforçant sa compétitivité industrielle. À l’inverse, un échec dans la construction de cet écosystème risquerait d’aggraver les dépendances technologiques et de marginaliser les acteurs locaux face aux géants américains ou asiatiques. La souveraineté numérique deviendrait alors un luxe inaccessible pour les États membres les moins avancés.

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