Même après la ménopause, les ovaires restent actifs : une étude révèle des changements insoupçonnés
Longtemps considérée comme une période de déclin irréversible, la ménopause pourrait en réalité masquer une activité biologique persistante des ovaires, remettant en cause les certitudes sur le vieillissement féminin. Une étude récente révèle que ces organes continuent de se remodeler après la fin de la fonction reproductive, avec des implications potentielles sur la santé globale des femmes âgées, mais aussi des zones d'ombre persistantes quant à leur rôle exact dans les maladies liées à l'âge.
Quels changements moléculaires les ovaires ménopausés subissent-ils avec l'âge selon l'étude ?
Les ovaires de femmes ménopausées plus jeunes contiennent davantage de protéines liées au maintien de la structure cellulaire, tandis que ceux des femmes plus âgées (70 ans et plus) présentent une augmentation des protéines associées à l'inflammation, à l'activité immunitaire et au remodelage de la matrice extracellulaire. Ces différences suggèrent une dynamique ovarienne persistante, avec une tendance à l'inflammation et à la fibrose accrue avec le temps.
Pourquoi les chercheurs évoquent-ils un possible lien entre le vieillissement ovarien et le cancer de l'ovaire ?
L'étude observe que certains tissus ovariens vieillissants développent des caractéristiques similaires à celles des environnements propices au cancer, comme une rigidité accrue et une inflammation. Certaines protéines précédemment associées au cancer de l'ovaire sont plus abondantes dans les ovaires de femmes sexagénaires, bien qu'aucun tissu cancéreux n'ait été détecté. Cela suggère un terrain biologique commun entre vieillissement normal et développement tumoral, sans pour autant établir de causalité.
Qui sont les principaux acteurs de cette étude et quelles sont leurs hypothèses ?
L'étude est codirigée par l'Université Northwestern, avec des contributions du Centre de spectrométrie de masse du Buck Institute et du Centre pour le vieillissement en santé des femmes de l'Institut Buck. Les chercheurs, dont Birgit Schilling et Francesca Duncan, émettent l'hypothèse que les ovaires postménopausiques influencent le vieillissement global, notamment via des liens avec le système osseux ou le cerveau, et pourraient jouer un rôle dans les problèmes de santé observés après la ménopause.
Ce que ça pourrait changer
Cette découverte pourrait relancer les recherches sur les mécanismes du vieillissement féminin et ouvrir la voie à de nouvelles stratégies de prévention des maladies liées à l'âge, comme l'ostéoporose ou certains cancers. Cependant, elle soulève aussi des questions éthiques et médicales sur la nécessité de surveiller plus étroitement la santé ovarienne après la ménopause, sans pour autant justifier des interventions précoces non validées.

