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GÉNÉRALISTE

Et si les milliards $ investis en IA menaçaient l’économie américaine?

Source unique·il y a 21 j

L’essor fulgurant des investissements en intelligence artificielle aux États-Unis, estimé à 10 300 milliards de dollars d’ici 2032, soulève une question cruciale : ces dépenses colossales, financées massivement par l’endettement des géants technologiques, ne risquent-elles pas de fragiliser l’ensemble de l’économie américaine ? Derrière l’enthousiasme pour une révolution technologique promise se cache un pari risqué, où la rentabilité future de l’IA pourrait ne pas suffire à couvrir les dettes contractées aujourd’hui, avec des répercussions systémiques imprévisibles.

Quels sont les montants et le calendrier des investissements en IA aux États-Unis selon le rapport de la Brookings Institution ?

Les investissements en centres de données dédiés à l’IA atteindront 10 300 milliards de dollars entre 2025 et 2032, soit l’équivalent de 3,6 % du PIB américain sur cette période. À titre de comparaison, le développement du réseau ferroviaire américain, précédemment la plus grande dépense en capital de l’histoire du pays, avait requis 2,2 % du PIB de l’époque.

Pourquoi les géants de la tech comme Meta, Alphabet ou Microsoft recourent-ils à des financements opaques pour leurs centres de données ?

Ces entreprises, dont les flux de trésorerie ne suffisent plus à couvrir les coûts, externalisent de plus en plus le financement de leurs infrastructures via des structures financières complexes. Ces mécanismes, souvent hors bilan, rendent l’évaluation des risques financiers bien plus difficile, y compris pour les experts, et rappellent les dérives observées avant la crise de 2008.

Quelles conditions économiques devraient être remplies pour que ces investissements en IA soient rentables ?

Pour atteindre un rendement de 10 %, l’IA devrait générer 3 700 milliards de dollars de revenus annuels à partir de 2032. Actuellement, les revenus combinés d’OpenAI et d’Anthropic s’élèvent à environ 100 milliards de dollars par an, un niveau qui devrait croître de 80 % par an pour atteindre l’objectif fixé. Un ralentissement même modéré de cette croissance pourrait compromettre la capacité des entreprises à rembourser leurs dettes.

Quel rôle jouent les mouvements d’opposition à la construction de centres de données dans ce contexte ?

Les oppositions locales et les appels à une pause dans le développement des modèles avancés d’IA, soutenus par une majorité de sondés dans plusieurs pays dont les États-Unis et le Canada, pourraient ralentir l’ampleur des investissements. Selon Stijn Van Nieuwerburgh, ces résistances offriraient un répit nécessaire pour évaluer les risques et absorber la demande de manière plus graduelle.

Ce que ça pourrait changer

Une crise financière déclenchée par l’effondrement de ces investissements en IA ne se limiterait pas au secteur technologique, mais pourrait contaminer l’ensemble de l’économie américaine, notamment via l’exposition des banques. La rapidité d’obsolescence des infrastructures, comparée à des investissements historiques comme les chemins de fer, aggrave encore le risque de décalage entre les dépenses et leur rentabilité réelle. Enfin, l’opacité croissante des mécanismes de financement pourrait retarder la détection des vulnérabilités systémiques.

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