Cancers de la peau : travailler dehors nous expose davantage
L’exposition professionnelle aux rayons UV, qu’ils soient naturels ou artificiels, s’impose comme un facteur de risque majeur pour le développement de cancers de la peau, selon une expertise récente de l’Anses. Cette révélation soulève des questions cruciales sur l’adaptation des politiques de santé publique et la protection des travailleurs, alors que des millions de salariés sont concernés par cette exposition quotidienne, souvent sous-estimée.
Quels types de cancers sont directement liés à l’exposition professionnelle aux UV selon l’Anses ?
L’Anses établit un lien avéré entre l’exposition aux UV — naturels ou artificiels — et trois types de cancers cutanés : les carcinomes épidermoïdes cutanés, les carcinomes basocellulaires cutanés et les mélanomes cutanés. Pour les UV artificiels, notamment ceux émis lors du soudage, un lien est également confirmé avec les mélanomes oculaires.
Combien de travailleurs sont exposés aux UV dans le cadre professionnel en France ?
Environ 3,5 millions de salariés sont exposés aux UV naturels dans le cadre de leur travail en extérieur, tandis que 150 000 le sont aux UV artificiels, notamment via des activités comme le soudage ou l’utilisation de lampes UV pour la désinfection.
Quelles mesures l’Anses recommande-t-elle pour limiter les risques liés à ces expositions ?
L’agence préconise la création d’un tableau de maladie professionnelle pour faciliter la reconnaissance et l’indemnisation des cancers liés aux UV. Elle recommande aussi de systématiser les examens cutanés lors des visites de médecine du travail, de former les médecins du travail aux pathologies dermatologiques, et d’intégrer l’évaluation des risques UV dans le Document unique d’évaluation des risques professionnels.
Ce que ça pourrait changer
Cette expertise pourrait accélérer la reconnaissance des cancers cutanés comme maladies professionnelles, améliorant ainsi l’accès aux soins et aux indemnisations pour des millions de travailleurs. Elle met également en lumière la nécessité d’une prévention renforcée, notamment dans les secteurs les plus exposés comme le BTP ou l’agriculture, où les pratiques de protection restent souvent insuffisantes. À plus long terme, cette prise de conscience pourrait transformer les normes de sécurité au travail et les politiques de santé publique en France.

