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Rendre les forêts des Landes moins vulnérables aux incendies : comment faire ?

Source unique·il y a 9 j

Le massif des Landes de Gascogne, plus grande forêt de plantation d’Europe avec près de 800 000 hectares, illustre les limites d’un modèle sylvicole fondé sur la monoculture de pin maritime. Face à l’augmentation des mégafeux, une réflexion s’impose sur la résilience des écosystèmes forestiers, où la diversité des peuplements et la gestion des combustibles deviennent des leviers stratégiques pour atténuer les risques, au-delà des seuls dispositifs de lutte contre les incendies.

Pourquoi les forêts de pin maritime des Landes sont-elles si vulnérables aux incendies ?

Leur vulnérabilité tient à quatre facteurs structurels : une densité initiale élevée (1 100 à 1 400 arbres par hectare), une inflammabilité accrue par les aiguilles sèches et résineuses du pin, l’accumulation d’une biomasse morte très combustible (aiguilles, débris), et une continuité horizontale et verticale des combustibles favorisant le passage des feux de surface aux feux de cime, bien plus intenses et difficiles à maîtriser.

Quels changements concrets pourraient rendre ces forêts plus résilientes ?

Plusieurs pistes sont envisagées : diversifier les espèces en intégrant des feuillus moins inflammables (chêne tauzin, bouleau verruqueux), adopter des structures forestières irrégulières et des âges variés pour créer des mosaïques paysagères discontinues, limiter les coupes rases au profit de coupes sélectives, et renforcer les zones d’appui de la défense contre les incendies (DFCI) avec des bandes moins combustibles. Ces pratiques relèvent de l’écoforesterie, qui vise à concilier production, biodiversité et adaptation climatique.

L’écoforesterie est-elle une solution universelle contre les mégafeux ?

Non, car les incendies extrêmes, comme ceux récents en Gironde et dans les Landes, sont souvent liés à des conditions météorologiques exceptionnelles et à un agencement du territoire sylvicole propice à leur propagation. L’écoforesterie permet surtout de réduire la sévérité et la vitesse de propagation des feux, et d’améliorer la résilience post-incendie, en complément des dispositifs de prévention et de lutte.

Quels sont les freins à la mise en œuvre de ces pratiques ?

Les obstacles incluent une baisse temporaire de la production de bois et une hausse des coûts de récolte, car les coupes sélectives sont moins mécanisables que les coupes rases. De plus, ces méthodes nécessitent une formation renforcée des forestiers en écologie, ainsi qu’une adaptation des acteurs locaux et de la filière forêt-bois, ce qui implique un changement de modèle économique et culturel.

Ce que ça pourrait changer

À moyen terme, une transition vers l’écoforesterie pourrait réduire les risques de mégafeux tout en maintenant une production sylvicole, mais elle exige des compromis économiques et une coordination entre propriétaires privés, gestionnaires et pouvoirs publics. Sans cette évolution, les baisses de revenus et les risques pour les populations pourraient s’aggraver avec le changement climatique, rendant le statu quo insoutenable.

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