Nuits magnétiques - Au nom de Séléné 3/4 : Jeux de Lune sur l'eau tranquille (1ère diffusion : 09/01/1997)
Diffusée pour la première fois le 9 janvier 1997 dans le cadre des Nuits magnétiques, cette émission de France Culture explore la figure de la Lune à travers une mosaïque de récits, d’arts et de réflexions. À travers une approche interdisciplinaire mêlant ethnologie, littérature et cinéma, elle interroge la manière dont Séléné, déesse lunaire, irrigue l’imaginaire collectif bien au-delà des mythes antiques. Comment cette émission, à la croisée des savoirs, révèle-t-elle une certaine poétique du nocturne dans la culture occidentale ?
Quels sont les principaux intervenants et contributeurs de cette émission, et quel est leur rôle dans la construction du propos ?
L’émission s’appuie sur un trio d’intervenants : l’ethnologue Marc Augé, l’écrivaine et dramaturge Lysane Douënel, et le peintre Jean Monneret. Leur dialogue, enrichi de textes littéraires (Armel Guerne, Jean Tortel, Victor Hugo, Federico García Lorca, Maurice Blanchard) et d’extraits cinématographiques (L’Aurore de Murnau, Les Nuits de la pleine Lune de Rohmer, La Nuit du chasseur de Laughton, La Voce della luna de Fellini), permet d’articuler une réflexion à la fois sensible et intellectuelle sur la Lune comme symbole culturel et artistique.
En quoi cette émission s’inscrit-elle dans la tradition des Nuits magnétiques, et quel est son positionnement dans l’offre éditoriale de France Culture ?
Les Nuits magnétiques étaient une émission emblématique de France Culture, dédiée à l’exploration des savoirs et des arts à travers des archives sonores soigneusement sélectionnées. Cette émission en particulier, troisième volet d’une série intitulée Au nom de Séléné, incarne l’ambition de la chaîne de proposer un voyage sonore mêlant histoire, littérature et création contemporaine. Son positionnement reflète une volonté de transcender les frontières disciplinaires pour offrir une expérience immersive, typique de la ligne éditoriale de France Culture à l’époque.
Quels sont les thèmes centraux développés autour de la Lune dans cette émission, et comment sont-ils illustrés par les supports choisis ?
La Lune y est abordée comme un miroir des contradictions humaines : à la fois objet de fascination, de peur, de poésie et de rationalité. Les extraits cinématographiques, par exemple, illustrent cette dualité : L’Aurore de Murnau évoque la Lune comme témoin de drames intimes, tandis que La Nuit du chasseur en fait un symbole de mystère et de danger. Les textes littéraires, quant à eux, soulignent son rôle dans la construction des mythes fondateurs, comme chez Victor Hugo ou Federico García Lorca. La réalisation d’Isabelle Jeanneret joue ainsi sur une polyphonie des voix pour donner à voir la Lune comme un prisme des émotions et des savoirs.
Ce que ça pourrait changer
Cette émission, par son approche interdisciplinaire, préfigure les débats contemporains sur la culture de l’archive et la réappropriation des contenus patrimoniaux à l’ère numérique. Elle interroge aussi la persistance des symboles mythologiques dans les récits modernes, un enjeu toujours actuel dans un contexte où la science et l’art cherchent à se réconcilier. Enfin, elle rappelle l’importance des médias publics comme gardiens d’une mémoire culturelle collective, à l’heure où les algorithmes menacent de fragmenter les expériences narratives.

