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Couverture 5G en France : presque tout le monde capte, mais la moitié du territoire est encore à l’écart

Source unique·25 sept.

Six ans après son lancement, la 5G couvre désormais près de 90 % de la population française, mais peine à s’imposer comme une technologie universelle. Si l’urbanisation et les axes de déplacement concentrent l’essentiel des infrastructures, les zones rurales et certaines régions comme la Corse restent largement à l’écart. Cette disparité soulève des questions sur l’efficacité réelle du déploiement et ses limites méthodologiques, révélant un écart persistant entre couverture théorique et expérience utilisateur.

Pourquoi la couverture 5G du territoire français reste-t-elle inférieure à 60 % malgré une couverture de 90 % de la population ?

La méthodologie de mesure explique en grande partie cet écart : nPerf évalue la couverture en fonction des zones fréquentées par ses utilisateurs Android, excluant les espaces peu ou pas traversés (forêts, sommets, hameaux isolés). Ainsi, des régions comme la Corse ou certaines zones rurales, où la fréquentation est faible, apparaissent moins couvertes, même si des antennes 5G y sont installées. Par ailleurs, les opérateurs privilégient les zones denses, où la rentabilité est immédiate, au détriment des territoires moins peuplés.

Quels sont les opérateurs les plus performants en termes de couverture 5G, et sur quels critères se distinguent-ils ?

SFR arrive en tête avec 58,62 % de couverture territoriale, suivi de près par Bouygues Telecom (57,25 %), Orange (55,46 %) et Free Mobile (54,49 %). En revanche, pour la couverture de la population, Free domine avec 88,61 %, devant Orange (87,55 %), Bouygues (87,44 %) et SFR (86,94 %). Ces écarts s’expliquent par des stratégies d’investissement différentes : les opérateurs ciblent davantage les zones urbaines et les axes routiers, où la densité d’utilisateurs est élevée, plutôt que les espaces ruraux ou montagneux.

Quelles limites méthodologiques affectent la fiabilité du baromètre nPerf 2026 sur la couverture 5G ?

Le baromètre repose exclusivement sur les mesures réalisées par des utilisateurs d’Android, excluant ainsi les iPhone, dont les données de signal ne sont pas accessibles aux développeurs. De plus, la couverture territoriale ne prend en compte que les zones fréquentées par les abonnés, ignorant les espaces non traversés. Enfin, nPerf inclut toutes les bandes de fréquences 5G, y compris celles offrant des débits faibles, ce qui peut fausser la perception de la qualité réelle du réseau.

Pourquoi la couverture 5G en Île-de-France et en Corse varie-t-elle autant selon les opérateurs ?

En Île-de-France, les écarts s’expliquent par des différences d’infrastructure et de stratégie commerciale : certains opérateurs ont priorisé des quartiers spécifiques ou des axes majeurs, tandis que d’autres ont étendu leur réseau de manière plus homogène. En Corse, la topographie accidentée et la faible densité de population rendent le déploiement plus complexe et moins rentable, ce qui explique des scores de couverture bien inférieurs (entre 32,71 % et 71,59 % selon l’opérateur). Ces disparités reflètent des logiques économiques plutôt que techniques.

Ce que ça pourrait changer

Cette disparité de couverture pourrait creuser les inégalités numériques entre territoires, avec des conséquences sur l’attractivité économique des zones mal desservies et l’accès aux services publics en ligne. À l’heure où la 5G est présentée comme un levier de compétitivité, son déploiement inégal interroge la pertinence des politiques publiques en matière d’aménagement numérique. Enfin, l’opacité des critères de mesure rappelle que la couverture annoncée ne garantit pas toujours une expérience utilisateur optimale, notamment en termes de débit.

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