Une forêt souterraine vieille de 128 000 ans a été découverte à 626 mètres de profondeur dans le puits céleste chinois Xiaozhai Tiankeng et elle regorge d’espèces très rares
La découverte d’une forêt souterraine âgée de 128 000 ans au fond du puits céleste chinois Xiaozhai Tiankeng interroge sur les mécanismes géologiques extrêmes ayant façonné ce gouffre, mais aussi sur la capacité des écosystèmes à s’adapter à des environnements aussi hostiles. Ce laboratoire naturel, isolé de la surface, révèle une biodiversité insoupçonnée, tout en posant la question de sa préservation face à l’essor du tourisme et aux pressions anthropiques croissantes.
Comment un gouffre de 626 mètres de profondeur a-t-il pu abriter une forêt mature ?
Le gouffre de Xiaozhai Tiankeng résulte d’un effondrement progressif de la voûte calcaire, initié il y a 128 000 ans par l’érosion d’une rivière souterraine et de l’eau de pluie acidifiée. Sa structure en double cratère suggère deux effondrements successifs, créant un microclimat humide et frais propice au développement d’une végétation subtropicale, malgré la quasi-absence de lumière directe.
Quelles espèces rares ou inconnues ont été identifiées dans ce milieu isolé ?
Les naturalistes y ont recensé plus de 1 200 espèces végétales, dont des fougères et mousses endémiques, ainsi qu’un ginkgo, fossile vivant de l’ère secondaire. Le léopard nébuleux, félin arboricole capable d’ouvrir sa mâchoire à 100 degrés, fréquente également le site, indiquant un corridor écologique encore actif vers les forêts voisines.
Pourquoi les plantes de cette forêt souterraine présentent-elles une composition chimique inversée par rapport à leurs homologues de surface ?
Les analyses montrent que les feuilles stockent davantage d’azote, de phosphore et de calcium, mais moins de carbone, signe d’une adaptation à un milieu pauvre en lumière mais riche en humus, issu des eaux de ruissellement et des chutes de feuilles. Cette signature chimique reflète une stratégie évolutive pour optimiser la photosynthèse dans des conditions de luminosité réduite.
Quels défis la préservation de ce site soulève-t-elle face à l’essor du tourisme ?
L’ouverture au tourisme encadré, désormais autorisée par les autorités locales, inquiète les biologistes, qui craignent une perturbation de l’écosystème encore mal connu. La découverte d’espèces non décrites et la fragilité du microclimat rendent ce site particulièrement vulnérable à une fréquentation mal maîtrisée.
Ce que ça pourrait changer
Cette découverte pourrait accélérer les recherches en écologie extrême et en biologie de l’évolution, tout en renforçant les arguments pour une protection stricte des milieux karstiques. Elle interroge aussi sur la capacité des écosystèmes souterrains à servir de refuges face aux changements climatiques de surface, un enjeu crucial pour la biodiversité future.

