Le cycle de l’eau est devenu «plus irrégulier et imprévisible», selon l’ONU
Le cycle de l’eau, pilier des écosystèmes et des activités humaines, bascule dans une ère d’instabilité croissante selon l’ONU. Entre sécheresses record et inondations dévastatrices, 2025 s’inscrit comme une année charnière, révélant l’accélération des déséquilibres hydriques mondiaux. Cette irrégularité, couplée à l’épuisement des réserves stratégiques, interroge la résilience des sociétés face aux chocs climatiques à venir.
Quelles données récentes confirment la dégradation du cycle de l’eau en 2025 ?
L’Organisation météorologique mondiale (OMM) classe 2025 parmi les trois années les plus sèches en termes de débit fluvial depuis 35 ans, avec une baisse persistante des réserves d’eau douce et une fonte accélérée des glaciers. Près des deux tiers des puits surveillés affichent des niveaux anormaux, tandis que les écoulements fluviaux normaux ont atteint leur plus bas depuis 1991 sur plus de 36 % des bassins hydrographiques mondiaux.
Qui sont les acteurs clés de cette alerte climatique et quels sont leurs rôles ?
L’OMM, dirigée par Celeste Saulo, joue un rôle central en compilant les données hydrologiques et en alertant sur les tendances à long terme. Wayne Jenkinson, directeur de la division hydrologie et cryosphère, a précisé l’ampleur des anomalies en 2025. L’ONU, via cette agence, souligne aussi l’urgence d’une coopération internationale pour mutualiser les données et les alertes précoces, notamment face aux catastrophes transfrontalières.
Pourquoi El Niño est-il mentionné comme un facteur aggravant en 2025 ?
El Niño, phénomène climatique naturel, amplifie les extrêmes hydriques : sécheresses dans certaines régions et inondations dans d’autres. En août 2025, il présentait 75 % de chances de devenir le plus puissant jamais enregistré, selon la NOAA. Cette intensification coïncide avec des épisodes extrêmes en Asie et en Afrique, responsables de plus de 80 % des décès liés à l’eau ces cinq dernières années.
Quelles limites persistent dans la compréhension et la gestion du cycle de l’eau ?
Malgré une amélioration de la disponibilité des données, des lacunes subsistent dans les zones les plus vulnérables. L’OMM souligne que l’eau ne respecte pas les frontières politiques, rendant cruciale une coordination internationale pour anticiper les crises. Les réserves lentes à se reconstituer, comme les eaux souterraines ou les glaciers, restent mal évaluées à l’échelle locale, limitant l’efficacité des réponses.
Ce que ça pourrait changer
Cette irrégularité croissante du cycle de l’eau menace la sécurité alimentaire, l’approvisionnement en eau potable et la stabilité économique, notamment dans les régions déjà fragilisées. Les sociétés devront adapter leurs infrastructures et leurs politiques de gestion des ressources, tandis que les conflits pour l’accès à l’eau pourraient s’intensifier. À plus long terme, l’effondrement des réserves glaciaires et souterraines pourrait rendre certaines zones inhabitables.

