Armand Foëx et Clément Devilliers, cinéastes débrouillards et inséparables
Le premier film des jeunes réalisateurs Armand Foëx et Clément Devilliers, Un grand raccourci, sort en salles ce 12 août 2026. Porté par une amitié et une débrouillardise assumées, ce long-métrage explore les marges de la société bretonne à travers des intrigues parallèles aussi absurdes que révélatrices. Leur approche, à la fois naïve et subversive, interroge les mécanismes de survie dans un monde où les règles sociales semblent se dissoudre.
Quel est le point de départ narratif du film Un grand raccourci ?
L’intrigue s’articule autour de deux histoires entrelacées : deux cousins bretons tentent de sauver le restaurant familial en se lançant dans le métier de dératiseurs, tandis que deux jeunes femmes trafiquent un concours de beauté pour écouler des bijoux. Leurs destins se croisent de manière fortuite, créant un récit chaotique et burlesque.
Quelle est la particularité générationnelle et artistique des réalisateurs Armand Foëx et Clément Devilliers ?
Tous deux âgés de 22 ans, ils incarnent une nouvelle vague de cinéastes autodidactes, privilégiant l’instinct et la débrouillardise à une formation académique. Leur collaboration repose sur une amitié profonde, transformant les contraintes budgétaires et logistiques en atouts narratifs.
Comment le film aborde-t-il les thèmes de la précarité et de l’absurdité sociale ?
À travers des personnages en marge — dératiseurs improvisés, candidates truqueuses — le film dépeint une société où la survie passe par des stratégies déviantes. L’absurdité des situations, comme le lâcher de rats pour un contrat, souligne l’illusion des structures économiques traditionnelles.
Pourquoi le choix de la Bretagne comme décor est-il significatif dans ce contexte ?
La Bretagne, avec son patrimoine culturel à la fois ancré et en mutation, sert de miroir aux tensions entre tradition et modernité. Les paysages ruraux et les dynamiques locales renforcent le contraste entre les aspirations individuelles et les réalités socio-économiques du territoire.
Ce que ça pourrait changer
Ce film pourrait marquer l’émergence d’un cinéma jeune, affranchi des codes industriels, où la spontanéité prime sur les budgets colossaux. Il interroge aussi la capacité des nouvelles générations à réinventer des récits face à un marché du travail de plus en plus précaire. Enfin, il pose la question de la représentation des marges sociales dans le cinéma français contemporain.

