Un centre de données de plus d’1,5 milliard $ à Ottawa
Le projet d’un centre de données de 60 mégawatts à Ottawa, estimé entre 1,5 et 1,85 milliard de dollars via un préavis d’approvisionnement, soulève des questions sur la capacité énergétique locale et les arbitrages politiques. Entre enjeux de sécurité nationale, de transition énergétique et de retombées économiques limitées, ce dossier cristallise les tensions autour de l’attractivité industrielle et de la durabilité des infrastructures numériques au Canada.
Quel est le rôle exact du préavis d’approvisionnement publié par Construction de Défense Canada dans ce projet ?
Le préavis, estimant le coût du futur contrat entre 1,5 et 1,85 milliard de dollars, ne constitue ni un appel d’offres ni une demande de propositions, mais un signal pour permettre aux entreprises intéressées de se préparer aux exigences de sécurité nécessaires. Il anticipe un contrat à venir, sous réserve de l’approbation du gouvernement fédéral, avec un lancement prévu à l’hiver 2027 si le projet est validé.
Quels acteurs sont impliqués dans l’évaluation des impacts énergétiques et environnementaux du projet ?
Hydro Ottawa, gestionnaire local du réseau électrique, mène des évaluations techniques formelles pour vérifier la capacité du réseau, la fiabilité et la faisabilité du projet, en collaboration avec des acteurs provinciaux comme la Société indépendante d’exploitation du réseau d’électricité (SIERE) et Hydro One. Le Centre de la sécurité des télécommunications Canada a été sollicité par Radio-Canada pour préciser l’usage du centre, mais sa réponse n’a pas été obtenue à la date de publication.
Pourquoi certains candidats à la mairie d’Ottawa s’opposent-ils à ce projet ?
Les candidats Jeff Leiper et Neil Saravanamuttoo ont plaidé pour un moratoire sur les centres de données lors d’un débat, invoquant des risques environnementaux, une consommation énergétique excessive et une subvention déguisée aux entreprises d’intelligence artificielle. Ils estiment que les retombées locales (emplois, fiscalité) sont insuffisantes au regard des coûts pour les résidents.
Quels défis techniques spécifiques pose un centre de données de cette envergure ?
Outre la consommation électrique (estimée à un peu moins de 10 % de la puissance actuellement disponible à Ottawa), la gestion de la chaleur résiduelle reste une inconnue majeure. Louis Beaumier s’interroge sur les méthodes de refroidissement, évoquant la possibilité d’un rejet thermique dans la rivière des Outaouais, sans que cette option ne soit confirmée ou exclue.
Ce que ça pourrait changer
Ce projet pourrait révéler les limites de la capacité énergétique d’Ottawa et relancer le débat sur la priorisation des usages de l’électricité entre industries numériques et besoins locaux. Politiquement, il risque de devenir un sujet clivant en période électorale, entre attractivité économique et préoccupations environnementales. Enfin, il interroge la pertinence des subventions indirectes aux géants du numérique, dans un contexte de transition énergétique et de tensions sur les réseaux.

