Cisjordanie : cartographier la colonisation israélienne
La colonisation israélienne en Cisjordanie s’accélère depuis 2021, transformant durablement la géographie des territoires palestiniens. À travers le travail de cartographes comme Khalil Tafakji, cette dynamique révèle l’échec des négociations passées et interroge l’avenir même d’un État palestinien viable. L’analyse des données spatiales devient ainsi un outil de résistance politique et un miroir des rapports de force en jeu.
Quels événements récents illustrent l’intensification de la colonisation en Cisjordanie ?
Hier, un Palestinien a été tué par des tirs de colons israéliens lors d’une attaque contre le village de Yassouf, situé au nord de Ramallah. Cet incident s’inscrit dans une tendance plus large : depuis trois ans, la colonisation des territoires palestiniens s’accélère, comme en témoignent les travaux de cartographes comme Khalil Tafakji.
Qui est Khalil Tafakji et quel rôle joue-t-il dans l’analyse de la colonisation ?
Khalil Tafakji est un géographe palestinien, co-auteur de l’ouvrage 31° nord, 35° est. Chroniques géographiques de la colonisation israélienne. Il cartographie les territoires palestiniens depuis les années 1980 et a participé aux négociations d’Oslo en 1993, où il a alerté sur l’impossibilité de créer un État palestinien viable dans le contexte de l’expansion coloniale.
Pourquoi la cartographie de la colonisation est-elle un enjeu politique majeur ?
Les cartes de Khalil Tafakji ne se contentent pas de décrire une réalité géographique : elles révèlent l’ampleur d’un projet politique visant à rendre impossible l’émergence d’un État palestinien souverain. En documentant l’avancée des colonies, elles deviennent un outil de dénonciation et de mobilisation, tout en soulignant l’échec des accords passés.
Ce que ça pourrait changer
L’accélération de la colonisation pourrait rendre irréversible la fragmentation des territoires palestiniens, compromettant toute solution à deux États. Cette dynamique risque d’alimenter les tensions locales et internationales, tout en radicalisant les positions des deux camps. La cartographie, en tant que preuve tangible, pourrait aussi servir de base à des actions juridiques ou diplomatiques futures.

