Jacques Doucet, ancienne voix des Expos de Montréal, est mort
La disparition de Jacques Doucet, figure emblématique du baseball québécois et voix des Expos de Montréal pendant plus de trois décennies, soulève des questions sur l’héritage médiatique et culturel d’une époque révolue. Son parcours, marqué par une transition audacieuse du journalisme écrit à la narration sportive, illustre aussi les mutations d’un écosystème médiatique où la voix humaine reste un pilier de l’identification collective à une équipe. À l’ère du tout-numérique, son décès invite à réfléchir sur la transmission d’un savoir-faire et d’une mémoire sportive unique.
Quels ont été les jalons majeurs de la carrière de Jacques Doucet, et comment a-t-il marqué l’histoire du baseball québécois ?
Jacques Doucet a débuté comme commentateur des Expos de Montréal en 1969, avant de devenir leur voix officielle à temps plein en 1972, un rôle qu’il a occupé jusqu’au déménagement de l’équipe à Washington en 2004. Il a couvert plus de 5 500 matchs, dont des moments historiques comme le match parfait de Dennis Martinez en 1991 et plusieurs séries éliminatoires. Son influence s’étend au-delà des Expos, puisqu’il a ensuite commenté pour les Capitales de Québec (2006-2011) et les Blue Jays de Toronto jusqu’en 2022, tout en étant intronisé à plusieurs temples de la renommée du baseball canadien.
Pourquoi Jacques Doucet a-t-il douté de sa légitimité en tant que commentateur, et comment a-t-il surmonté ces réticences ?
Doucet, habitué à l’écrit comme journaliste pour La Presse, exprimait des craintes quant à son adaptation à la narration orale, allant jusqu’à avouer à John McHale, président des Expos, qu’il ne savait pas si le public l’adopterait. Ces doutes se sont dissipés rapidement une fois en ondes, grâce à sa capacité à incarner l’équipe et à créer un lien émotionnel avec les amateurs, faisant de lui une figure incontournable du baseball montréalais.
Quels honneurs et reconnaissances Jacques Doucet a-t-il reçus au cours de sa carrière ?
Il a été intronisé au Temple de la renommée de Baseball Québec en 2002, puis à celui des Expos en 2003. En 2004, il a reçu le prix Jack-Graney, décerné à un membre des médias pour sa contribution exceptionnelle au baseball canadien. En 2020, il est devenu le premier francophone non joueur ni membre de la direction d’une équipe à être élu au Temple de la renommée du baseball canadien, soulignant ainsi l’impact de son travail sur la culture sportive québécoise.
Ce que ça pourrait changer
La disparition de Doucet pourrait accélérer une réflexion sur la préservation de l’héritage des voix emblématiques dans le sport, alors que les médias traditionnels cèdent progressivement la place à des formats plus interactifs et dématérialisés. Son parcours rappelle aussi l’importance des figures médiatiques comme vecteurs de mémoire collective, un rôle que les algorithmes et les réseaux sociaux peinent à reproduire. Enfin, son décès survient à un moment où le baseball québécois cherche à se réinventer, après le départ des Expos et les défis des ligues mineures locales.

